Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Vu de Naples

Chronique du 21/05/2018

Je n’ai aucune estime pour le suffrage universel. Dès mon adolescence, je me suis méfié de manière instinctive des votations où la voix d’un crétin ou d’une brute pèse autant que celle d’un sage ou d’un savant ; mais ce ne fut qu’en 2006, observant l’ahurissante popularité dont jouissait en France une quakeresse sotte et méchante dont le Parti socialiste rêvait de faire une présidente de la République, que je pris pleine conscience de l’irrémédiable imbécillité de ce mode de scrutin.

Vu ma défiance à l’égard de la vox populi, je serais, moi, en droit de fulminer contre (...)
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Amis italiens, aux urnes !

Chronique du 01/03/2018

Paolo Modugno, que connaissent tous les étudiants de Sciences’ Po, tous les Parisiens cinéphiles amoureux du cinéma italien, tous ceux, dont je suis, auxquels il a fait découvrir et aimer la chanson napolitaine, se présente aux élections législatives du 4 mars sur une liste du Parti Démocrate dont Matteo Renzi est le secrétaire général.

Je forme le vœu que les Italiens qui, vivant en France, votent soit par correspondance soit au consulat se prononcent en sa faveur. Ceux qui savent la médiocre sympathie que je nourris pour les sociaux-démocrates ne doivent pas s’en étonner. Cer (...)
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Une bibliothèque de poche

Chronique du 28/01/2018

Chères jeunes lectrices, chers fidèles lecteurs,

Dans ma chronique précédente, intitulée « Rentrée littéraire », je présente mes livres parus en 2017 et que, j’ose l’espérer, se trouvent aujourd’hui sur les rayons de vos bibliothèques : le recueil d’essais chez Stock, Un diable dans le bénitier ; le recueil de poèmes au Sandre, Les Eaux du Léthé ; le nouveau tome de journal intime, La jeune Moabite, chez Gallimard.

Pour ce qui regarde les poèmes, le tirage est réduit à l’extrême : cent-dix exemplaires ! Les Eaux du Léthé sera v (...)
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Rentrée littéraire

Chronique du 05/10/2017

Tout au long de ma vie, j’ai reçu des lettres de jeunes lecteurs (je dis bien des lecteurs, mes jeunes lectrices, elles, ne m’écrivent jamais des lettres de ce genre) qui me disent envier ma vie oisive, mon existence de paresseux indépendant, d’électron libre.

Indépendant, certes, libre, assurément. Paresseux et oisif, pas le moins du monde, et les types qui me font des remarques de ce genre n’ont pas la moindre idée de ce qu’est la vie d’un artiste, qu’il soit écrivain, peintre ou sculpteur ; la somme de travail et de temps qu’exige la création. J’ai commencé à travailler très (...)
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Mio Byron

Chronique du 23/07/2017

A la mémoire de la comtesse Teresa Guiccioli


Vendredi 18 mars 2016, assis à la terrasse d’un bistrot du boulevard Saint-Germain, j’aide une jeune étudiante de l’université de Trieste, Ginevra, charmant prénom échappé d’un poème de Leopardi, à traduire Monsieur le comte monte en ballon1.

Nous parlons toujours en italien, j’ignore donc quel est le degré de sa maîtrise du français, mais vu qu’elle a choisi cette traduction comme travail de mastère j’imagine qu’elle s’en tire bien ; Toutefois, certaines de mes expressions laissent (...)
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