Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Mio Byron

Chronique du 23/07/2017

A la mémoire de la comtesse Teresa Guiccioli


Vendredi 18 mars 2016, assis à la terrasse d’un bistrot du boulevard Saint-Germain, j’aide une jeune étudiante de l’université de Trieste, Ginevra, charmant prénom échappé d’un poème de Leopardi, à traduire Monsieur le comte monte en ballon1.

Nous parlons toujours en italien, j’ignore donc quel est le degré de sa maîtrise du français, mais vu qu’elle a choisi cette traduction comme travail de mastère j’imagine qu’elle s’en tire bien ; Toutefois, certaines de mes expressions laissent (...)
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La voix du Commandeur

Chronique du 09/07/2017

J’ai dans ma vie entendu et vu de nombreux Don Giovanni, mais celui auquel je viens d’assister au festival de Spoleto est peut-être le plus beau de tous. Celui qui m’aura fait la plus forte impression.

La mise en scène de Giorgio Ferrara, la direction de James Conlon, les costumes de Maurizio Galante, les voix et le jeu de Dimitri Tiliakos (Don Giovanni), d’Antonio di Matteo (le Commandeur), de Daniel Giulianini (Mazetto), de Davinia Rodriguez (Donna Elvira), d’Arianna Vendittelli (Zerlina), de Lucia Cesaroni (Donna Anna), de Brian Michael Moor (Don Ottavio) l’orchestr (...)
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Macron et Mélenchon, même combat ?

Chronique du 27/06/2017

Nous sommes nombreux qui déplorons d’avoir été privés, au second tour de l’élection présidentielle, d’un débat entre Macron et Mélenchon. C’eût été le bel entretien de deux lettrés, de deux civilisés ; le duel de deux gentilshommes ; une leçon de dialectique républicaine à l’usage des jeunes générations.

Partisans déconfits de Mélenchon, nous puisons un réel réconfort dans son entrée à la Chambre des députés. Certes, le Palais-Bourbon n’est pas l’Élysée, mais c’est une chaire d’où un tribun peut se faire entendre et s’inscrire dans la mémoire de la Nation. Le temps passe, mais l (...)
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Mon candidat se porte bien

Chronique du 20/04/2017

En 2012, et récemment encore, ma défense et illustration de Jean-Luc Mélenchon suscitait chez les gens qui m’aiment un sourire amusé ; chez les gens qui ne m’aiment pas des ricanements. Depuis quelques semaines, les sourires ont disparu et plus personne ne ricane. Si Mélenchon a longtemps été un candidat pour happy few, il est aujourd’hui celui d’une bonne partie du peuple français, et ceux qui s’apprêtent à voter pour lui le 23 avril forment une foule aux enrichissants contrastes : jeunes et vieux ; croyants et agnostiques ; républicains et monarchistes ; gaullistes et anarchistes ; slavophil (...)
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Vous avez dit Rothschild ?

Chronique du 22/03/2017

Une des surprises de cette période électorale est la résurrection de formules que l’on croyait appartenir à un passé lointain : l’entre-deux guerres, l’occupation allemande. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la politique, c’est-à-dire à l’âge de douze ou treize ans, des formules telles que « le candidat des banques », « le laquais de la finance internationale », « le suppôt des Rothschild » n’étaient plus utilisées que par les biographes de Charles Maurras et les spécialistes de la collaboration : de nauséabondes vieilleries que personne, ni à droite ni à gauche, n’aurait songé à exhumer. < (...)
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