Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


L’Autre patrie

Chronique du 24/04/2007

Les Français témoignent-ils une sympathie active aux étrangers qui vivent parmi eux ? Se passionnent-ils pour les trésors esthétiques et spirituels qu’en choisissant la France pour terre d’asile les émigrés incorporent à son patrimoine ? Cela n’est pas sûr.

En 1926, séjournant en France, Thomas Mann y est reçu avec somptuosité. Dans un bref récit intitulé Bilan parisien1 , il décrit avec un plaisir évident le grand dîner donné en son honneur par l’ambassadeur d’Allemagne auquel assistent trois ministres en exercice, Edouard Daladier, Anatole de Monzie et Phil (...)
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« Pour me succéder à la tête de l’Etat… »

Chronique du 12/03/2007

Ayant récemment exprimé aux héritiers de Pierre Boutang mon inquiétude touchant le fait que neuf ans après la mort du philosophe la publication de ses carnets intimes inédits, la réunion en un fort volume de ses éditoriaux d’Aspects de la France et de La Nation française ne connaissent pas encore ne fût-ce qu’un début d’exécution, j’ai relu, nostalgique, quelques numéros de ce dernier hebdomadaire auquel, dans ma jeunesse, et avant même que parût mon premier livre, j’eus le plaisir de collaborer.

Dans une de mes chroniques, parue à La Nation française (...)
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Héritiers de Boutang, réveillez-vous !

Chronique du 21/02/2007

Au chapitre que je consacre à Pierre Boutang dans C’est la gloire, Pierre-François !, j’évoque les jeunes gens qui, captivés par son crépitant génie, l’auraient de son vivant suivi jusqu’en enfer. Aujourd’hui, l’enfer, les admirateurs de Boutang ne pensent pas qu’il y soit, ils veulent le croire au paradis, mais en attendant de le rencontrer dans l’autre monde, ils aimeraient déjà pouvoir sur cette terre le retrouver dans les librairies.

Lorsque Pierre Boutang est mort, il s’est fait une vaste et passionnée rumeur sur son journal intime inédit, sur ses carnets que tous (...)
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Disons merde au fasciosalutismo

Chronique du 01/02/2007

Nous aimons l’Europe gréco-latine de Plutarque et de Juvénal ; nous aimons l’Europe chrétienne de Dante et de Dostoïevski ; nous aimons l’Europe des Lumières de Voltaire et de l’abbé Galiani ; nous aimons l’Europe libertine de Casanova et de Parny ; nous aimons l’Europe vagabonde du prince de Ligne qui se sentait chez lui à Saint-Pétersbourg comme à Madrid, à Amsterdam comme à Rome, à Vienne comme à Paris.

Il y a une seule Europe que nous n’aimerons et n’accepterons jamais : c’est l’Europe des professeurs de vertu ; l’Europe des nouveaux quakers et quakeresses qui prétendent sav (...)
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Rapicolante Ségolène

Chronique du 12/12/2006

Mes lecteurs attentifs le savent, Ségolène Royal est déjà apparue deux fois sous ma plume.

La première fois en 2004 dans Yogourt et yoga, publié à La Table Ronde, au chapitre intitulé « Le Figuier stérile » :
« On assiste chez nous (et dans le monde entier) au triomphe de l’hystérie puritaine. Celle-ci nous vient tout droit des ligues pharisaïques d’outre-Atlantique, et nous constatons avec stupeur que la gauche non seulement ne la combat pas, mais l’approuve. Dès que Mme Ségolène Royal ouvre la bouche, je frémis, tant ses propos sont bêtes et odieux. On a broca (...)
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