Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Emplissons les églises !

Chronique du 01/12/2006

En 1815, alors âgé de vingt-sept ans, résidant à Dresde, Arthur Schopenhauer a une conversation avec le poète Ludwig Tieck, de quinze ans son aîné. A un moment de la discussion Tieck se met à parler de Dieu. Schopenhauer, comme piqué par une tarentule, se lève d’un bond et avec un ricanement goguenard lui lance : « Quoi ? Vous avez besoin d’un Dieu ? »

A l’instar de l’oncle Arthur, je ne ressens pas un permanent besoin de Dieu, du terrible Dieu barbu cher aux monothéistes. En revanche, j’ai besoin de la dimension divine et sacrée de l’existence, j’ai besoin du Christ et de son E (...)
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Commentaires : 23

Les coquilles de Voici venir le Fiancé

Chronique du 19/09/2006

Les écrivains, les éditeurs, les typographes, les imprimeurs le savent, si attentifs et scrupuleux soient ceux qui ont la charge de transformer un manuscrit en livre, entre le moment où l’auteur trace le point final et celui où le libraire ouvre les paquets que vient de lui livrer le distributeur, se glissent toujours des erreurs, des coquilles. Parfois, elles sont de peu d’importance : un accent aigu devenu accent grave, une virgule transformée en point-virgule, une faute d’orthographe, bref des boulettes vénielles qui ne gênent en rien la compréhension du texte ; parfois elles sont plus séri (...)
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Commentaires : 6

Byron et ses fils spirituels

Chronique du 14/06/2006

Du 14 au 18 juin 2006 s’est tenu à la Sorbonne un colloque international consacré à Byron. Seul écrivain invité à prendre la parole devant ce parterre de professeurs, Gabriel Matzneff a, le premier jour du colloque, fait la communication que nous publions ci-dessous.

Je remercie la Byron Society de l’honneur qu’elle fait au simple écrivain que je suis en l’invitant à prendre la parole à la Sorbonne parmi d’éminents universitaires. Les quelques mots que je prononcerai, je les dirai en français pour les mêmes raisons qui font que Byron, lorsqu’il parlait avec des amis fr (...)
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Commentaires : 9

Les délateurs de profession

Chronique du 05/05/2006

Avant toute chose consultons notre oncle Emile. J’ai depuis mon adolescence tant ouvert, feuilleté, lu, trimballé de logis de fortune en logis de fortune les cinq gros volumes (pour être précis : les quatre gros volumes et leur supplément) du dictionnaire de Littré dans la belle édition (la seule, la vraie) du dix-neuvième siècle reliée rouge et or qu’en cette année 2006 ce trésor qui constitue la Loi et les Prophètes de la langue française part en charpie, et certaines pages déchirées deviennent difficiles à lire. Never mind ! Pour délabré qu’il soit, il durera bien aussi longtemps q (...)
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Commentaires : 21

Le bonheur à Strasbourg

Chronique du 26/04/2006

Les lecteurs attentifs des Lèvres menteuses et de Super flumina Babylonis, voire de Boulevard Saint-Germain, le savent, Strasbourg a joué (j’ajoute : joue et jouera, car le passé, le présent et l’avenir forment un tout qui s’appelle le Temps, comme les trois hypostases de la Sainte Trinité forment un tout qui s’appelle Dieu) un rôle cardinal dans ma vie et donc, conséquemment, dans mon travail.

A propos de mon travail, une parenthèse. Aux lecteurs (et en particulier aux accros de ce site) qui semblent catastrophés lorsque j’annonce que je suspends la p (...)
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