Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Ma rentrée 2019

Chronique du 08/11/2019

En 2018, je n’ai pas fait gémir les presses d’imprimerie. En revanche, au mois de novembre 2019, apparaissent dans les vitrines des librairies deux nouveaux bébés :
1°) L’édition de poche, dans La Petite Vermillon, de mon dernier roman, paru en 2015, La Lettre au capitaine Brunner.
2°) Chez Gallimard, un nouveau tome de mes carnets noirs, L’Amante de l’Arsenal, qui recouvre la période 13 août 2016-12 août 2018. Ce journal intime est la suite du volume que j’avais, dans la même collection blanche de Gallimard, publié en 2017 et qui s’intitule La Jeune Moabite.

La couverture de La Petite Vermillon est allègre : on est à Venise, on trinque, on boit un spritz, l’atmosphère est à la gaieté, la vie est belle. De fait, le roman qui se déroule essentiellement à Venise et à Naples, est un roman épicurien, solaire. Dans le cercle amical de Nil Kolytcheff, tout va bien : Nathalie et sa jeune amante Lioubov projettent de se marier au consulat de France à Rome ; le premier long métrage de Mathilde, Les Pantoufles de Don Alfonsetto, reçoit un accueil enthousiaste de la critique italienne ; le bruit court que le hiéromoine Guérassime sera prochainement sacré évêque.

Quel est le secret de famille, enfoui depuis l’occupation allemande, qui, découvert par Nil, perturbe cette harmonie ? Quelle est la véritable raison du suicide de son cousin Cyrille Razvratcheff ? Quel rôle a, durant la Deuxième Guerre mondiale, joué dans leur famille le Hauptsturmführer SS Aloïs Brunner, bras droit de Himmler, chef du camp de Drancy ? Quels sont les péchés d’autrui dont soudain l’insouciant Nil porte le poids ?

Lors de sa publication, La Lettre au capitaine Brunner reçut le prix Cazes. Celui-ci fut pour moi une grande joie. C’était la première fois qu’un jury littéraire couronnait un de mes romans. Au soir de ma vie, il était temps !

L’Amante de l’Arsenal, c’est autre chose. Un journal intime, c’est-à-dire un journal de ma vie intime, comme le sont tous les volumes de mes carnets noirs déjà publiés. Certes, l’amitié, la politique, la diététique, les voyages, la religion, les livres, les films, les bonnes bouteilles, il mio barbaro appetito, les chutes sur la tête et les bains de mer y ont aussi leur place, mais le fil d’or de cette période 13 août 2016-12 août 2018 est ma vie amoureuse. Je suis un écrivain, je suis comme tel rangé parmi les intellectuels, mais dans ma vie, c’est-à-dire dans mes livres, et en particulier dans mon journal intime, les sensations, les émotions, les aventures jouent un rôle infiniment plus important que les concepts. Je suis capable d’avoir des idées et de les défendre avec fougue, mais aux abstractions, L’Amante de l’Arsenal en témoigne, je préfère les passions.

Dans ce nouveau journal intime apparaît un être extraordinaire, une jeune femme hors du commun, Virginie. Dans mes journaux précédents figurent déjà de très belles figures féminines, par exemple Tatiana dans Vénus et Junon, Francesca dans La Passion Francesca, Vanessa dans La Prunelle de mes yeux ; mais la singularité de Virginie est telle, je n’avais jamais connu, aimé quelqu’un qui lui ressemblât. J’espère que mes lectrices et mes lecteurs seront heureux de découvrir ce très spécial personnage.

Gabriel Matzneff
www.matzneff.com


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