Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Patrick Besson et la guerre oubliée

Chronique du 29/11/2012

Le plus grand écrivain français né en 1936, c’est bibi. Mon excellent ami, éditeur et coetaneo Philippe Sollers ne sera pas d’accord, il croit que c’est lui, mais, étant homme d’esprit, il ne m’en voudra pas si je persiste et signe.
J’utilise le mot italien coetaneo, parce que la langue français ne possède, hélas, pas de mot pour le traduire. Nous sommes, en français, réduits à utiliser des périphrases, « né la même année », « du même âge » moins sonores, emberlificotées, plates comme un discours social-démocrate.
Le plus grand écrivain français né en 1946, c’est Guy Hocquenghem, cela ne fait aucun doute. Guy n’est pas défendu comme il devrait l’être par son principal éditeur, mais deux nouveaux éditeurs, Léo Scheer et Guillaume Zorgbibe, semblent prêts à prendre la relève : le premier va rééditer La Beauté du métis aux éditions qui portent son nom, et le second, patron des éditions du Sandre, L’âme atomique. Lisez Hocquenghem, nom d’une pipe !
Le plus grand écrivain français né en 1956, c’est Patrick Besson.
De toute ma vie, je n’ai été invité que deux fois au souper que donne l’éditeur pour fêter un prix important – le Renaudot en l’occurrence - obtenu par l’un de ses poulains : une fois, pour célébrer la victoire de Christian Giudicelli avec Station balnéaire en 1986, l’autre, pour boire à la santé de Patrick Besson couronné en 1995 grâce à Les Braban.
Les deux fois, être traité par Claude Gallimard et Francis Esménard, me fit un vif plaisir : outre qu’une fois n’est pas coutume (la plupart des éditeurs sont avares comme des rats), c’était l’occasion de me taper la cloche avec des gens que j’aime.
Christian, un ami intime et le plus grand écrivain français né en 1942.
Patrick, un copain dont j’admire le talent, le courage et l’humour, trois qualités qui apparaissent dans ses romans, mais dont les deux dernières sont plus manifestes encore dans ses écrits politiques.
En politique, nous nous sommes trouvés déjà au moins deux fois côte à côte : lors de l’aventure de L’Idiot international dont nous fûmes pendant plusieurs années les chroniqueurs vedettes et lors des événements de Serbie dont nous fûmes la vox clamantis in deserto.
La belle époque de L’Idiot, ce fut celle d’événements d’importance diverse (de l’assassinat du pasteur Doucet par des services de police à la première guerre d’Irak décidée par le président Bush père), mais qui, les uns et les autres, vu la totale liberté d’expression qui régnait dans la gazette de Jean-Edern Hallier, nous stimulèrent et nous inspirèrent certaines de nos meilleurs pages polémiques.
A L’Idiot, nous nous amusâmes beaucoup. L’aventure serbe fut plus douloureuse. Nous avions contre nous non seulement les ex-gauchistes et néo-philosophes reconvertis dans l’arrivisme bourgeois et le léchage-de-cul des Etats-Unis que Guy Hocquenghem avait, dès 1986, nommés, épinglés, démasqués dans sa Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col mao au Rotary, mais l’opinion européenne et amerloque dans son entier. C’était l’époque où les journaux de droite français refusaient de publier une déclaration du pape de Rome jugée trop favorable aux Serbes. L’ignoble guerre des Etats-Unis et de l’OTAN contre la Serbie se déroulait sous les lâches applaudissements des admirateurs du fascisme croate, de l’intégrisme mahométan bosniaque, de la mafia kosovar, et malheur à ceux qui osaient refuser ce lâche et imbécile manichéisme, cette diabolisation de la courageuse Serbie.
Ni Patrick Besson, ni moi, ni aucun autre des rares cinglés animés du désir de défendre la vérité, de dissiper ce nuage mensonger qui embrumait l’Europe, nous n’avions peut-être pris conscience du suicide politique, social qu’allait constituer ce combat à contre-courant, mais en eussions-nous eu pleine conscience nous n’aurions pas agi différemment. La vie humaine est courte, c’est une allumette craquée dans la nuit, et durant le peu de temps que nous avons à passer sur notre bonne vieille Terre (pour parler comme le capitaine Haddock), nous devons oser être ce que nous sommes, être fiers de nos passions, nous battre à fond la caisse pour ce que nous croyons être la justice et la vérité.
J’ai rassemblé mes écrits proserbes en 2002 dans un livre intitulé C’est la gloire, Pierre-François !(La table Ronde) Et voici que, dix ans plus tard, Patrick Besson publie les siens sous un titre expressif : Contre les calomniateurs de la Serbie (Fayard).
Dans la préface, Besson écrit que de tous ses livres, c’est celui qui lui tient le plus à cœur, et il ajoute : « Ça doit être parce qu’il y a mon cœur dedans. »
Certains des admirateurs de Besson ne partageront pas ce sentiment et continueront à préférer tel ou tel de ses romans, mais dans l’ordre du pamphlet c’est sans doute son meilleur livre. Besson y met une écriture superbe, tantôt drôle, tantôt cruelle, au service d’une conviction passionnée, et le résultat est épatant.
Le lisant, je songeais que nos adversaires sont toujours les mêmes : ceux qui ont applaudi l’abjecte guerre contre la Serbie sont ceux qui ont applaudi l’abjecte première guerre contre l’Irak, l’abjecte seconde guerre contre l’Irak, l’abjecte guerre contre l’Afghanistan, l’abjecte guerre contre la Libye, qui aujourd’hui rêvent de mettre fin au pouvoir laïc du Baas en Syrie et de lui substituer le fanatisme religieux des salafistes et autres barbus surexcités. Cette permanence de l’abjection (et du crétinisme) est, pour les observateurs du cœur humain que nous sommes, Patrick et moi, un spectacle en vérité intéressant, et instructif.
J’ai toujours professé qu’il n’y a pas en littérature des genres supérieurs et des genres inférieurs. Un recueil d’articles peut être un livre plus important qu’un roman, un sonnet peut assurer l’immortalité à un auteur mieux qu’une tragédie en cinq actes. Le meilleur livre de Montherlant est un recueil d’articles, celui de Pasolini aussi (pour ne nommer que deux auteurs, mais la liste est longue). C’est pourquoi, si vous voulez vous préparer aux fêtes de la Nativité, lisez Contre les calomniateurs de la Serbie de l’impétueux Patrick Besson. De tous les ouvrages parus en France à la rentrée littéraire de septembre 2012, c’est le plus véridique, le plus rapicolant. Bonne lecture donc, et, après avoir fêté saint Nicolas le 6 décembre et le Petit Jésus le 25, n’oubliez pas, si vous êtes encore en vie, de vider le 14 janvier une bonne bouteille en l’honneur de saint Sava, le patron de la Serbie.
Vive la Serbie, messieurs ! Et vive Patrick Besson !


Gabriel Matzneff
www.matzneff.com
28 novembre 2012


Commentaires

1 - Le 29/11/2012 par Thelonious

Le plus grand diariste né en 1936, sans aucun doute, le Journal de Matzneff est grandiose. Mais Sollers qui fêtait son anniversaire le 28 (un jour avant cette belle chronique) c'est aussi génial. Fuguons donc avec ces deux immenses écrivains.

2 - Le 29/11/2012 par Poulette

Je me souviens d'un déjeuner avec Houellebecq en 2006, où il m'avait affirmé, naturellement, comme une évidence : "le plus grand écrivain vivant du monde, c'est moi"...

Je me disais "J'ai déjà entendu ça quelque part...!"

3 - Le 29/11/2012 par Anatole

Un autre grand écrivain cité dans la chronique est né, lui aussi, en 1936 : Jean-Edern Hallier. Tout comme celui qu'il appelait son jumeau stellaire (né le même jour de la même année) : Jean-René Huguenin. Et n'oublions pas le mousquetaire Christian Dedet.

Quant à 1956, est-ce l'année de naissance de Michel Houellebecq, comme l'affirme sa mère, alors qu'il prétend, lui, avoir vu le jour en 1958 (ce qui en ferait le contemporain de Marc-Edouard Nabe) ? C'est en tout cas l'année qui vit Eric Neuhoff pousser son premier cri.

Riches années, en vérité. La littérature française en connaîtra-t-elle encore d'aussi prometteuses ?

4 - Le 29/11/2012 par Barbara

Anatole, Poulette et Thelonious n'ont-ils lu que les deux premières lignes de cette chronique qui est d'abord un coup de chapeau à Patrick Besson, un rappel des causes impopulaires pour lesquelles ils ont combattu ensemble, en particulier la défense de la Serbie ? Un hommage aussi à son ami Guy Hocquenghem ? Un clin d'oeil rigolo à son ami Christian Giudicelli ?
Tous les lecteurs de Matzneff savent qu'il s'est souvent moqué des classements du type "le plus grand écrivain, le plus grand peintre", et que les deux lignes provocatrices par lesquelles il débute sa chronique ont été écrites et doivent être lues, pour reprendre une expression qui lui est familière, "cum grano salis".
Cela dit, Anatole, vous avez oublié le seul nom qui mérite d'être, dans ce contexte, cité à côté de ceux de Matzneff et de Sollers : celui de Georges Pérec. Et ceux que vous nommez comme nés eux aussi en 36 ne font vraiment pas le poids.

5 - Le 30/11/2012 par Hervé

Je découvre cette nouvelle chronique depuis Belgrade et je peux vous dire qu'elle réchauffe le coeur !
Zdravo !

6 - Le 30/11/2012 par V. de Bruxelles

D'ici, je découvre à l'instant - et en plus - le commentaire de Barbara, et j'en soupire d'aise...

7 - Le 04/12/2012 par oscar

J'espère que Matzneff, dans ces périodes de changements sociaux, économiques et politiques écrira à nouveau des articles. C'est dommage et triste de ne pas entendre la voix d'un écrivain comme Matzneff dans cette période de transition. J'espère qu'il reprendra le goût aux écrits politiques, vingt ans après (comme dirait Dumas) la Serbie. En plus, Matzneff a une bonne connaissance des grands acteurs actuels tels que le monde musulman, la Russie , l'Italie et probablement aussi l'Espagne et la Grèce.

8 - Le 04/12/2012 par Entrechat

Etes-vous tout à fait bien certain que sa voix ne soit entendue ? En tout cas ses lecteurs auraient bien du mal, il me semble, à imaginer que Gab la Rafale puisse perdre le goût de ferrailler quand cela lui plaira ou quand ce sera nécessaire. Que ce soit par une voie ou une autre. Dont celle d'un clic sous mon pseudonyme. Attendons donc le mois de février avec patience ou impatience ! En attendant, n'oublions pas que pour la Saint-Nicolas et sous le sapin, il faudrait etc. etc. etc.

9 - Le 05/12/2012 par L'Assistante du webmestre

Si Oscar (7) est un familier de ce site il sait que Gabriel Matzneff n'a pas cessé de s'y exprimer, d'y "ferrailler" pour reprendre le verbe utilisé par Entrechat (8). Internet (en l'occurence www.matzneff.com) est une tribune aussi efficace qu'une presse en pleine déconfiture (posez la question aux kiosquiers de Paris et de province, cher Oscar, vous serez édifié.

10 - Le 05/12/2012 par Pipelette

Tpfff ! Entrechat n'a fait que reprendre un verbe de la vaste panoplie matznevienne... Mais c'est très bien ! Ne soyons pas "avares comme des rats" ! Car il vaut mieux coucouter des mots à sens bon et beau que etc. etc. etc.

11 - Le 05/12/2012 par Julia

Que le journal intime de Matzneff soit passionnant, je suis d'accord avec Thelonious (n° 1), mais jle journal intime est un genre qui, à cause de son impudicité, me gêne. J'avoue préféré les romans, en particulier Ivre du vin perdu, Mamma li Turchi!, Voici venir le Fiancé, où le caractère autobiographique est modifié, voilé, par l'imagination du romancier.

12 - Le 05/12/2012 par Oscar

Loin de moi l'idée de critiquer Matzneff ou le site, ni de négliger les chroniques de Matzneff publiées sur le site. Je suis seulement un admirateur de Matzneff qui se contente de dire qu'il aimerait lire plus de textes de Matzneff au sujet de l'époque actuelle et notamment de la crise historique que nous traversons. J'ai aussi eu l'impression dans son dernier essai la rupture qu'il etait un peu désabuse et ne souhaitait plus par exemple écrire de nouveaux essais. Ayant toujours préfere les essais de Matzneff a ses romans ou journaux, je me contente de donner un simple avis de lecteur qui n'est ni une atteinte a Matzneff ni au site internet.

13 - Le 05/12/2012 par Entrechat

Comment ça, Oscar, "De la rupture" son dernier essai ? Mais depuis sa publication, en 1997, les années 2002 et 2004 n'ont-elles vu fleurir deux autres volumineux volumes à La Table Ronde : "C'est la gloire, Pierre-François !" et "Yogourt et yoga" ?
Quant à l'époque actuelle et la crise historique que nous traversons, que pourrait-il bien nous dire de plus encore d'un chaos déjà par lui annoncé, précisément par le truchement de sa plume, depuis déjà au siècle passé ? Penchons-nous un moment sur le sens à la fois joyeux et profond du titre de son prochain livre, nom d'une pipe !

14 - Le 05/12/2012 par Lorrain

"La crise historique que nous traversons"... Comme une autre. Avant nous, après nous, ce sera encore la crise, avec plus ou moins d'intensité, certes. Matzneff nous parle de Besson comme si on pouvait le substituer à l'humoriste du "Point" (mauvais journal, je préfère "Eléments" bien que je sois de gauche, enfin je crois). Tous ces écrivains nommés dans cette chronique, cependant, sont si manifestement interchangeables ! Nous ressortir Hocquenghem ! Et pire, Hallier ! En lisant tout ça, j'ai eu l'impression de lire un avant-goût des mémoires de Matzneff, qu'il n'écrira sans doute jamais, ayant tout raconté de son vivant dans ses Carnets. Chateaubriand avait été plus prudent. Et pourtant lui aussi en avait subi des "crises historiques". Son seul rival ? Stendhal. "Mémoires d'un touriste", c'est très bien aussi, parfois mieux (sentiment subjectif). D'ailleurs, j'avoue qu'un des livres de Matzneff que je préfère est son essai sur Byron. Et peut-être quand même "Vénus et Junon", époque où il était déjà mégalo mais n'avait pas encore pris la grosse tête. Depuis, les chevilles ont enflé, hélas, comme le montre le début de cette chronique parlant du "plus grand écrivain français"... Dommage.

15 - Le 06/12/2012 par Julia

"La crise historique que nous traversons", jamais Matzneff n'écrirait une telle phrase, donnez les références de vos fausses citations. Quant à la "grosse tête" il faut vraiment être idiot pour ne pas comprendre ce qui est évident et que Barbara (n° 4) a très bien dit. Le venimeux Lorrain est bien à plaindre car il va finir par s'étrangler averc son venin.

16 - Le 06/12/2012 par Lorrain à Julia et Cie

J'ai bien sûr conçu ce petit commentaire comme un éloge très authentique et raisonnable, au contraire, ainsi que le lecteur ou la lectrice impartiale s'en rendra compte. Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur.

17 - Le 06/12/2012 par Laurent

Personnellement je suis très triste que Gabriel Matzneff n'édite pas un tome de son journal intime, et qu'il ait renoncé à le tenir après 2008. Je lis et relis tous les journaux déjà édités, dommage qu'il n'édite pas de son vivant (enfin pas pour l'instant en tous cas) l'intégral de son journal comme il l'avait prétendu.

18 - Le 06/12/2012 par Barbara

Si Laurent (17) est un lecteur attentif de Matzneff, ce dont je ne doute pas, il sait très bien les raisons pour lesquelles celui-ci hésite à publier immédiatement les dix-huit années inédites de ses carnets noirs qui, il l'a écrit noir sur blanc, sont prêts à la publication. La prudence des éditeurs, la prudence des avocats des éditeurs, le nouvel ordre moral des quakers et des quakeresses...
Puisque chacun donne sa préférence, moi, de tous les tomes du journal déjà publiés, c'est Un Galop d'enfer mon préféré. Mais ça ne veut pas dire grand chose : quand les carnets noirs seront publiés intégralement ils formeront un livre unique, et préférer l'année 1977 à l'année 2006, l'année 2002 à l'année 1962 ne signifiera plus rien.

19 - Le 06/12/2012 par Incise

J'ai tout juste l'impression que vous/nous sommes en train de nous aérer les dents pour ne strictement rien dire de transcendant... Si ce n'est de répéter, mais avec d'autres mots, ce que l'intervenant qui précède vient de dire et que tout bon lecteur gablarafalien qui se respecte ne sache déjà. Ou devrait. C'est très agaçant de voir qu'un romancier - et poète - de grand talent soit ainsi couper en rondelles. De cornichon ou de saucisson... Moi, par exemple, c'est "Ivre du vin perdu" que je tiens pour son grand chef-d'oeuvre ! Celui de l'ampleur et de la maturité souveraine, parce que généreuse. Quant au message d'adieu bouleversant que le professeur Alphonse Dulaurier envoie à ses amis dans "Voici venir le Fiancé" par le truchement de Béchu, il faudrait avoir le coeur sec comme une trique pour n'y voir pas les prémices d'une mort annoncée par un homme qui a réussi sa vie parce qu'il sait la regarder en face. PS : Pour ce qui me concerne, je ne pense pas que Lorrain déverse du venin tant que ça, mais bien qu'il manque solidement d'humour. Celui de second degré. S.W.

20 - Le 06/12/2012 par Lorrain

C'est vrai (pour tout le monde) que c'est très délicat, l'humour !

21 - Le 06/12/2012 par Anatole

Je viens de parcourir la liste des ouvrages parus dans la collection "Coups de gueule" d'Albin Michel. C'est fou comme tous ces essais liés à l'actualité se périment vite... Seuls surnagent les deux signés par Patrick Besson, dont, précisément, ce coup de gueule "Contre les calomniateurs de la Serbie", initialement paru en 1995, et que vient de rééditer Fayard, en lui adjoignant d'autres textes écrits de 1995 à 1999, sur le même sujet.

Je n'avais pas relu le livre de Besson depuis sa première publication, mais des pages entières m'en restaient en mémoire. Par exemple, celle où il évoque son fils aîné qui faillit mourir d'une péritonite, alors que lui se trouvait dans les Balkans — ces Balkans où, depuis, la mort "a frappé d'une main exacte des milliers d'enfants qui n'étaient pas (son) fils et qui, pourtant, l'étaient".

Ou encore, cette superbe définition de la guerre, "fantaisie d'adulte sordide, défraîchi et fatigué de vivre, qui a envie de jouer avec des armes mais comme les fausses lui sont interdites à cause de son âge, il prend les vraies."

La force du style, seule arme contre l'oubli. Un grand écrivain est toujours d'actualité" disait Jean Dutourd, grand écrivain lui-même.


22 - Le 07/12/2012 par Serpentin Coloré

Anatole, c'est bien ça, je crois, le vrai grand malheur ! Que tout ce qui concerne l'actualité se périment vite, comme vous dites, mais tout en se répétant à cadences régulières (ça c'est bibi qui le dit). C'est comme si le genre humain avait une toupie ou une vrille dans le bassin qui le pousserait à vouloir toujours faire la guerre et se détruire, force du style ou pas... Car les écrivains qui nous captivent sont ceux qui nous préservent, pour un temps ou longtemps, d'un inévitable désespoir au quotidien, si l'on se donne la peine d'être un peu lucide. Loin de moi, l'idée de vouloir minimiser ses talents de visionnaire nostradamusien, mais dans un de ses Carnets, il a livré son secret en soulignant que le monde Antique est un véritable microcosme des temps à venir et venus. Le respect de la mémoire du passé que Gab la Rafale vénère est sans doute ce qui lui permettra de rejoindre, un jour et le coeur léger, ces anges et séraphins aux six ailes si chers à son orthodoxie.
PS : J'ai dit Séraphin ? Patrick Besson, d'accord, c'est fort bien, Anatole, mais moi c'est au mois de février que j'aspire !

23 - Le 08/12/2012 par Amaury de Fauglas

La vie littéraire française, à partir des années 50 et 60, a connu de très grands chroniqueurs littéraires. Matzneff en était un, sans conteste, mais pas forcément ceux qu'il cite dans sa chronique. Il y a eu Jacques Laurent, Antoine Blondin ("Ma vie entre des lignes"), quelques autres peut-être, et surtout Bernard Frank, le plus prolifique, le plus acharné, le plus littéraire. Le plus grand ? Je le crois. Toute l'oeuvre de Frank est une vaste chronique qui n'en finit pas - et encore aujourd'hui où Grasset republie des volumes entiers de ses articles, avant peut-être une Pléiade méritée. Bernard Frank, je le précise, aimait beaucoup les livres de Matzneff, il en a parlé à diverses reprises dans ses papiers. Même si leurs univers ne coïncidaient pas forcément, ils avaient en commun l'amour des lettres, des idées et étaient des bretteurs redoutables. Depuis que Frank a disparu, ne reste donc plus que Matzneff, hélas trop rare, solitaire, silencieux, éloigné semble-t-il du théâtre des opérations, occupé plutôt à mettre la dernière touche à son portrait en vue d'une postérité qui lui rendra (peut-être) justice.

24 - Le 09/12/2012 par Barbara

Le magnifique ouvrage collectif "Gabriel Matzneff" paru récemment aux éditions du Sandre montre que l'on n'a pas attendu la postérité pour "rendre justice" (Fauglas, 23) à l'auteur d'"Ivre du vin perdu". Matzneff est attaqué, jalousé, ça c'est vrai, mais personne ne conteste l'importance de son oeuvre, ni la place qu'il occupe parmi les écrivains de notre temps.

25 - Le 09/12/2012 par Serpentin Coloré

Barbara, vous lisez dans les pensées, ou quoi ? Car vous m'avez quasiment devancé. Ceci dit, j'ai très envie d'ajouter qu'avec un lien - un clic sur mon crâne - c'est toujours "plus mieux" (sic) !

26 - Le 09/12/2012 par Jules

Peut-on sérieusement écrire, comme le fait Fauglas (23), qu'est désormais "trop rare", "silencieux", un écrivain qui en 2006 a publié un roman, "Voici venir le Fiancé", en 2007 un tome de son journal intime, "Les demoiselles du Taranne", en 2008 un recueil de textes, "Vous avez dit métèque?",en 2009 un nouveau tome de son journal intime, "Carnets noirs 2007-2008", en 2010 une correspondance Internet, "Les émiles de Gab la Rafale", en 2012 deux nouveaux titres, "La séquence de l'énergumène" et "Monsieur le comte monte en ballon",qui annonce pour février 2013 un nouveau livre intitulé "Séraphin, c'est la fin !"
Si c'est cela, être silencieux,on se demande ce qu'un écrivain doit faire pour être qualifié de fécond...

27 - Le 09/12/2012 par Amaury de Fauglas


Je songeais à la présence dans la presse en tant que chroniqueur régulier, comme à l'époque de "Combat", du "Monde", que je regrette. Du coup, je lis moins les journaux, et souvent plus du tout. (Je ne suis plus abonné à "L'Obs" depuis que Bernard Frank a cassé sa pipe.) Ils sont devenus un triste dépotoir.

Mais un grand OUI aux romans, aux essais, sans oublier la poésie, domaines dans lesquels Matzneff continue bien sûr à être présent et à avoir quelques lecteurs, denrée rare en nos jours de décadence intellectuelle...

Au fond, le peuple a les chroniqueurs qu'il mérite.
Hélas !

28 - Le 10/12/2012 par Jules

Nous sommes bien d'accord, cher Amaury de Fauglas (27), mais vous n'ignorez pas que la réputation "sulfureuse" (comme disent ses ennemis) de Matzneff lui ferme les portes d'un grand nombre de médias. Il a très bien décrit cela à travers le personnage du scandaleux cinéaste Raoul Dolet, dans "Mamma, li Turchi!".

29 - Le 11/12/2012 par Pandora Choumachair

Bien d'accord avec vous aussi, cher Jules, mais vous n'ignorez pas non plus que, depuis, Gab la Rafale a enfanté son nouvel insolent et fort désopilant "Energumène" publié aux Editions Léo Scheer. Les "ennemis" ont tous bien fait semblant de rire ou sourire et aussi beaucoup applaudi, mais qui nous prouve qu'il ne s'y pointait une lueur de jaune ? Dans ces rires de chez tous ces hypocrites des médias d'aujourd'hui. Tant ils sont devenus pires !

30 - Le 11/12/2012 par Incise

Pandora, le test - hors sujet - à la façon amerloque logé sous votre tête, est d'autant plus idiot que tous ces savants-je-sais-tout ont omis un tout tout petit détail... C'est qu'il existe des mômes qui ont une sainte horreur de la guimauve. J'en fus. B.C.

31 - Le 11/12/2012 par Anonyme

32 - Le 15/12/2012 par Jean-François

Barbara (n° 4) a raison, Matzneff s'est toujours moqué des classements, mais dans chaque génération, il y a une demi-douzaine de noms qui sont appelés à survivre, guère plus (sauf peut-être à des époques privilégiées, la Renaissance italienne, le Romantisme). C'est vrai des peintres, c'est vrai des écrivains. Parmi les écrivains français nés en 1936, une fois que vous avez nommé Matzneff, Sollers et Pérec,c'est à peu près tout. On ne peut citer sérieusement à leur côté un histrion qui eut de son vivant une certaine notoriété, mais qui, s'il signait ses (médiocres) livres, ne les écrivait pas. Il y a aussi les écrivains un peu plus jeunes, ou un peu plus âgés, par exemple Dominique de Roux, ami de Matzneff, né, lui, en 1935.
Les observations d'A. de Fauglas (n°27) sont justes, mais celui-ci doit se faire une raison : Internet a désormais pris la place de la presse écrite, l'ordinateur celle du kiosque à journaux.

33 - Le 15/12/2012 par Question subsidiaire

Bien d'accord, Jean-François, mais que se passera-t-il le jour où l'Internet se pètera la g... par manque d'énergie ? C déjà dans l'air ! Il faut avoir vécu une seule journée de "panne d'ordinateurs" dans une grande entreprise, pour ne plus ignorer que, malgré que, ce genre de, prolongée, pourrait ficher toute l'économie d'une nation sur le derrière. PS : Que pensez-vous tous de l'opération 451, une mobilisation prévue en janvier 2013 ? Iris

34 - Le 15/12/2012 par Barbara

Question subsidiaire a raison (33). Une panne d'électricité (comme à New-York en novembre) et la vie s'arrête, y compris le site Internet où nous sommes en train de converser amicalement. De Matzneff, tout ce qui est électronique disparaîtra, ne resteront que ses livres et les livres qui lui sont consacrés.Le papier a encore de beaux jours devant lui.

35 - Le 15/12/2012 par Sonia Entrechat

Barbara, j'ignore si vous avez entendu parler de Christian Domec créateur de l'édition libre "Les Penchants du roseau", mais pour les beaux jours du papier, c'est ce que, en tout cas, il se tue à dire depuis quasiment que l'internet ait pointé le bout du nez.

A propos - voir le lien sous mon pseudo(nyme)- car Frank Lagannier ou son assistante a déposé un long parfum d'Italie. Bonne écoute et vue !

36 - Le 15/12/2012 par 35

Pour les novices : C'est sur le second intitulé "L'Italie en direct " qu'il faut faire le clic pour.

37 - Le 16/12/2012 par Lorrain

Je plains les élèves des temps futurs, obligés d'apprendre la littérature, ou prétendue telle, dans un Lagarde & Michard où il faudra se farcir Sollers et tutti quanti, les écrivains dominants, qui ne dominaient que les médias et pas du tout leur art... Les Matzneff seront encore à la portion congrue... On ne trouvera plus leurs livres...

Au n° 32, Jean-François, vous ne savez même pas écrire le nom de Georges Perec, pas d'accent sur le premier e.

38 - Le 16/12/2012 par Entrechat <°)))))))) <<(

Lorrain, qui est donc ce Georges Perec ? (Je plaisante, bien évidemment...) Mais s'il fallait ne se limiter qu'au L & M pour connaître "la littérature", là on serait tous bien... C'est comme si vous professiez que seuls les bouquins primés par des pontes de la etc. etc. etc. qui sévissent sous une coupole, seraient dignes de faire partie des légendes de la postérité. Lagarde et Michard auront-ils encore le moindre monopole pour enseigner ou transmettre l'histoire de la littérature à l'école lors de ces temps futurs que vous évoquez ?

Car, en attendant, ne serait-il on ne peut plus opportun d'ajouter, par exemple, le nom de Gabriel Matzneff à la longue liste des écrivains de langue française renseignés chez Wikipédia (1) ? Car, c un comble, il ne s'y trouve pas ! (Un clic sur mon chef, le confirmera)

(1) Alias Rapminot pour les "sauvages" si braves qui résistent encore et encore, d'où mon coup de chapeau bas.

39 - Le 16/12/2012 par Lorrain

En fait, je suis bien d'accord avec vous : la littérature "officielle", celle du L&M, enseignée par les profs à l'école et aussi plus tard à l'université, n'est pas celle qui attire le véritable amateur. C'est pourquoi un Sollers (à qui les Immortels ont proposé de venir les rejoindre quai Conti) figurera par exemple dans le L&M de l'avenir, et peut-être pas Matzneff, qui lui mérite vraiment l'immortalité, la vraie. Et Perec ? Certains écrivains deviennent "évidents", ce qui ne retire rien à leur génie. Diderot, Lamartine sont dans le L&M ! Il reste que nos chers têtes blondes sortiront dégoûtés de leurs études littéraires, celles-ci étant lamentables et ennuyeuses, et leurs profs ne croyant même pas à ce qu'ils inventent. On remisera au grenier les différents tomes du L&M, et on n'en parlera plus. Exit la littérature.

40 - Le 16/12/2012 par Jean-François

Hélas, Entrechat (38) vous faites erreur. GM a droit à un long article dans Wikipedia, un article où il est surtout question de ses "mauvaises moeurs" sur un ton cafard de dénonciation et d'indignation ! Matzneff aurait pu, et peut-être dû, protester, mais je l'ai entendu dire à la radio, interrogé à ce sujet, qu'il s'en foutait royalement.

41 - Le 16/12/2012 par Entrechat <°)))))))) <<(

Oui, Jean-François, ça je le savais ! Mais je ne parlais tout simplement que de la liste tout court. Celle que vous allez voir figurer si vous faites un clic sur mon 38. J'ai appris qu'il suffit de convier Wiki pour l'alimenter, mais comment faire ? Je ne sais. Oui, car j'estime qu'il n'y a pas de raison que le nom de Gab la Rafale ne fasse - dirais-je "automatiquement - partie du répertoire alphabétique ci-dessus mentionné. Des principes, je n'en cultive, personnellement, pas des masses, mais dans ce cas-ci, si ! VS

42 - Le 16/12/2012 par Marthe

Lorrain, comment pouvez-vous avoir la pleine certitude que Philippe Sollers ne sera dans les annales de la chose écrite, autre qu'un nom ? Certes illustre aujourd'hui, médias obligent, mais sans autre singularité que celle d'avoir rejoint, en son temps, la liste des écrivains qui ont tâté l'expérience du "nouveau roman" au siècle dernier, mais pour devenir, ensuite, un éditeur ayant pignon sur rue ? Personnellement, je le verrais, en premier, figurer parmi ceux dont les charges inhérentes au noble et vertueux métier de l'édition auront permis à d'autres de se livrer en confort et confiance. Philippe Sollers c'est de la graine de patron. Parce que la source du génie de la singularité de Matzneff provient, en l'occurrence, du fait qu'il ne se soit jamais dispersé à faire autre chose de sa vie que d'aimer écrire pour être aimé en retour ?

43 - Le 17/12/2012 par Jules

C'est dans la collection qu'il dirige aux éditions Gallimard qu'ont paru plusieurs tomes du journal intime de Gabriel Matzneff : principale raison de la sympathie qu'il m'inspire. Marthe (42) a raison, c'est un bon éditeur.

44 - Le 17/12/2012 par Thelonious

Marthe, Jules, Sollers juste un bon éditeur??? Allez faire un tour sur le site pileface, site qui lui est consacré et visionnez (écoutez) la lecture qu'il fait d'un extrait d'un de ses derniers romans, "Les Voyageurs du Temps", c'est tout simplement magnifique. Alors vous avez raison ,bon, voire grand éditeur (il a publié le meilleur de Matzneff, c'est-à-dire son Journal), mais surtout et avant tout génial écrivain.

45 - Le 17/12/2012 par Filou

Merci Thel ! Une force de la nature, en tout cas ça il est, oui ! Car mener de front écriture et l'édition est loin d'être une sinécure. Mais rappelons-nous, nous le matzneviens, avant tout, que Philippe Sollers fut aussi un des rares à prendre la défense de Gabriel Matzneff lors d'une sombre affaire où les germanopratins ne se sont guère bousculés au "portillon". Même pas Monsieur Besson.

46 - Le 18/12/2012 par Jules

On peut être bon éditeur et bon écrivain, je n'ai jamais dit le contraire, cher Thelonious ! Il y a de nombreux cas et, pour ne parler que des amis proches de Gabriel Matzneff, il y a Dominique de Roux, le fondateur des éditions de l'Herne. Lisez Le cinquième empire, c'est un très beau roman.

47 - Le 18/12/2012 par Barbara

J'espère que sur les sites consacrés à de Roux et à Sollers on parle de Matzneff aussi souvent et chaleureusement qu'on parle ici d'eux ! Thelonious et Jules pourraient-ils nous le confirmer ?

48 - Le 18/12/2012 par Sonia

Barbara, je n'osais le dire...

49 - Le 18/12/2012 par Chipe Sot-l'y-laisse

Barbara, si je peux ? Sauf erreur, je dirais que non, pas trop... Vraiment. (Un clic sous mon pseudo vous le confirme). Mais en revanche, je découvre avec une surprise amusée et grandissante, qu'il existerait à Paris un calendrier "sollersien" autre que celui de Grégoire ou de Julien ? Philippe tu nous compliques la vie ! Déjà qu'aujourd'hui c'est la Saint Nicolas orthodoxe "style ancien".

50 - Le 20/12/2012 par Lorrain

A lire dans le Figaro Littéraire de ce jour un article de Matzneff sur Aragon. Bel article pour un hommage évident, alors que sort un volume de la Pléiade avec les derniers romans d'Aragon, que je ne saurais trop vous recommander.

51 - Le 20/12/2012 par Bruxelloise

Merci, cher Lorrain ! Du coup et de fil en aiguille(s), j'ai découvert ce lien étonnant : http://www.wikipoemes.com/poemes/gabriel-matzneff/index.php Or comme on propose de souscrire à un "plugin" pour s'y rendre, j'aimerais demander à l' Assistante du webmestre s'il n'y aurait danger ? Matznèvement, V.

52 - Le 20/12/2012 par Germain

Cliquez sur mon nom pour découvrir une émission de télévision de 2005 à laquelle participa Gabriel Matzneff.

53 - Le 20/12/2012 par Serpentin Coloré

Mon Dieu... Mais un tout grand merci, cher Germain ! Pour l'émouvante mais fort amusante découverte... No comment ? Sauf qu'il est manifeste que Gabriel Matzneff est non seulement un Monsieur très bien éduqué mais qu'il a, en effet, un sens fort aigu de l'amitié.

Ceci étant dit, en passant, j'ai souvent déploré qu'il n'y ait, à ma connaissance, aucun enregistrement de sa présence - foudroyante et cuisante diront certains témoins anciens - au tout premier congrès orthodoxe de Belgique en langue française, à Bruges en 1972, et dont le "génie musagète" de l'ombre était le jeune et passionné russophile Pierre Rosniansky, un fervent lecteur du théologien Olivier Clément.

Le vieux château d'un domaine imposant que des religieuses Flamandes avaient mis à disposition quasi gracieusement, ne manquait pas d'allure. (Ni de donjons ni de pont levis non plus).

54 - Le 21/12/2012 par Anonyme

A Germain (52) : c'est vraiment le genre d'émission qui n'intéresse que ceux qui y participent, et encore ! Une ânerie ! Une de plus. Et comme dirait Zazie (celle du métro) : "Ardiçon mon cul !" sauf votre respect...

55 - Le 21/12/2012 par Anatole

J'ai regardé en son temps cette émission d'Ardisson. Je me souviens que Gabriel Matzneff y commet une énorme injustice à l'égard de Michel Déon. Le hussard, alors conseiller littéraire chez Plon, n'a en aucun cas refusé le manuscrit de "Bonjour tristesse" ! Bien au contraire, ce premier roman de la très jeune Françoise Sagan l'enthousiasma et il transmit aussitôt le manuscrit, avec avis très favorable, à Charles Orengo, le patron de Plon. Mais celui-ci laissa traîner les choses et, quand au bout de trois semaines il le lut enfin, Sagan avait déjà signé un contrat avec René Julliard.

56 - Le 21/12/2012 par Amaury de Fauglas

Ce roman de Sagan était d'autant plus remarquable qu'il avait été complètement rewrité par Bernard Frank.

57 - Le 25/12/2012 par Véra-Rèva

Ave Maria cher Gabriel ! Au fait, qui se souvient encore des "Petits Chanteurs à la Croix de bois ? (Faire clic sur ma tête). Mais était-ce dans "L'Archange aux pieds fourchus", "Vénus et Junon" ou "Dans cette camisole de flammes" ?

58 - Le 25/12/2012 par 57

Lien : http://www.ina.fr/divertissement/chansons/video/I04142545/les-petits-chanteurs-a-la-croix-de-bois-ave-maria.fr.html

59 - Le 26/12/2012 par Hervé

Ce forum est sans doute le seul où ses visiteurs se réjouissent de poster une vidéo des "petits chanteurs à la croix de bois" !
Bonnes fêtes à tous !

60 - Le 27/12/2012 par Entrechat <°)))))))) <<(

Cher Hervé de Belgrade, serait-ce, par hasard, un reproche ? Je préfère en douter, mais on ne sait jamais. Merci et à tous bonne Année aussi !

61 - Le 28/12/2012 par Jules

"énorme injustice" (n° 55) ! Vous rigolez ? Cela n'a aucune importance. Et d'ailleurs, lisez son journal intime d'adolescence, Matzneff, lorsque Sagan a remis son manuscrit à Plon et à Julliard,était lycéen. Cette "injustice", si injustice il y a, ce n'est pas lui qui l'a commise, ce sont ceux de ses aînés qui, des années plus tard, lui ont raconté cette histoire, confondant le patron Orengo avec son employé Déon.

62 - Le 28/12/2012 par Amaury de Fauglas


Je suis plutôt d'accord, sachant d'une source informée que Déon, même aujourd'hui, lit les manuscrits qu'il reçoit, et attentivement, de son exil irlandais.

63 - Le 28/12/2012 par Pandora de Choumachair & C°

Je souris "grave" car vous me faites tous penser à la chanson du vicomte qui en rencontre un autre et que j'ai logé sur ma tête. Il faudrait imaginer une chansonnette (parodie) en remplaçant vicomte par écrivain... Chiche ?
Un excellent nouvel An à toutes celles et ceux qui visiteront le site consacré à Gab la Rafale ! ^Ô^


64 - Le 09/01/2013 par Karapet d'Arménie

Tiens tiens tiens, Pandora de mon chou, ne le fêterez-vous donc à la méthode Julien ce dimanche ?

Pour la chansonnette, si vous vous référez à l'article où Gab la Rafale compare les couleurs de ses magicolors en feutre à celles de ses confrères du siècle dernier, je crains que ce soit râpé. Car il est fort à parier que les hommes de lettres d'aujourd'hui s'expriment tous en pixels.

65 - Le 18/01/2013 par <°)))))))))><(

A propos, quelqu'un connaît-il l'heure à laquelle Gab la Rafale est né ? Il me semble que la carte du ciel (supra) est nettement moins précise et savoureuse que celle qui figure dans "Isaïe réjouis-toi".
Tout doucettement, nous arrivons au séraphique mois de février...

66 - Le 22/01/2013 par Lioubov D.

Au <°)))))))>-<( : " Saperlipopette ! Vous êtes plus blanc qu'un cheval de trompette ! " (*)

Mais vous, avez-vous vu ou lu L'AIGLON jadis ou naguère ? Est-il seulement encore monté en nos contrées aujourd'hui ?

Car si vous faites un clic sur ma tête, d'un Séraphin vous n'y trouverez point la fin. Mystère.

Le 6 févier étant du grand Saint Amand le jour de fête, comment n'y voir pas bon augure ?

67 - Le 23/01/2013 par Eugénie...

Oui, saut que c'est le 7 mais que cela ne changera rien pour faire la fête !

68 - Le 23/01/2013 par 67

sauF

69 - Le 28/01/2013 par Hervé

Un ange passe ?

70 - Le 28/01/2013 par Dourakina V.

Cher Hervé, savez-vous ce que répondrait un/e Russe à votre question ? Je me souviendrais toujours que ma cousine Vérabambelle avait beaucoup ri - au siècle dernier - quand le feu RP Georges Sérikoff avait lancé l'expression lors d'un repas chez "ses Tziganis" comme il nous appelait avec l'extrême gentillesse qui lui était coutumière.

71 - Le 28/01/2013 par Lulu

... ça faisait du bien, nonobstant la très bonne qualité de ce site !

72 - Le 28/01/2013 par Chipe Sot-l'y-laisse

@ D.V. # 70 : Ils ou elles vous répondraient que : Дурак родился...

73 - Le 28/01/2013 par Lulu la Baguette

?

74 - Le 28/01/2013 par Bepa-Reba

Oui bon, Chipie : je me souviendrAi OK !

75 - Le 28/01/2013 par Dourak-Dourakine

Lulu la Baguette : Mais non ! C'était pour le S manquant. Pas du roseau !
PS : A propos d'ange, avez-vous de plus nouvelles nouvelles du Séraphin ?

76 - Le 29/01/2013 par Hervé

Pour ceux qui seraient passés à côté, la quatrième de couv'figure ici :
http://www.editionslatableronde.fr/ouvrage.php?id_ouv=I23300

Parution annoncée le 7 février 2013, selon l'éditeur.
Le 15 février selon la Fédération nationale d'achats des cadres ;-)

77 - Le 30/01/2013 par Bepa-Reba <°)))))))><(

Non non, tous ne sont pas du tout passés à côté :-) Sauf qu'il nous reste encore la surprise de la première de couv' (voir plus haut) à découvrir. Car si j'ai bonne mémoire, "La Petite Vermillon" laisse chaque fois l'écrivain la choisir.

78 - Le 30/01/2013 par Bruno

Bonjour-Le Maître apparu brièvement aux actualités sur FR3 Ile de France vers 19h20, ce mardi 29 janvier, interrogé à l'occasion de la réouverture de la salle Richelieu de la Comédie Française.

79 - Le 30/01/2013 par Bruno

Voir ici :

http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1920_paris_ile_de_france_,76412992.html

à 18:20

80 - Le 30/01/2013 par Hervé

Merci Bruno !
Dans le reportage, Matzneff, qui fait partie des invités, se réjouit de la réouverture de la salle Richelieu, "madeleine proustienne".

81 - Le 31/01/2013 par Lulu

c'est du lourd !

82 - Le 31/01/2013 par Gribouille

Bruno, de votre lien je suis, hélas, revenu bredouille. Si j'osais, je demanderais à Léo Scheer de.

83 - Le 01/02/2013 par Bruno

Pour Gribouille
Une copie d'écran ici :
http://img96.imageshack.us/img96/2316/gm2x.jpg

Une copie de la vidéo complète sur Rapidshare dans quelques instants... ;-)

84 - Le 01/02/2013 par Lorrain

Que ne ferait-on pas pour une sainte relique !
Vous me faites un peu marrer...

85 - Le 01/02/2013 par Gribouille toujours bredouille mais têtu

Mais enfin Bruno c'est une image. Or il en existe déjà beaucoup à la rubrique "photos" (voir sur mon crâne). Ne pourriez-vous joindre la copie de la vidéo en glissant votre souris dans l'URL à la place réservé aux émiles éventuels ?

Lorrain ? Prout !

86 - Le 01/02/2013 par 85

réservée

87 - Le 03/02/2013 par Hervé

Merci Gribouille (si tant est que vous soyez Gribouille : étant donné que les commentateurs changent de pseudo à chaque message, il est devenu impossible sur ce site de suivre qui dit quoi !)
Merci en tous cas d'avoir évoqué la section photo. Voilà plusieurs mois que je ne l'avais visitée et je constate que de nombreuses images ont été rajoutées.
C'est un réel plaisir de voir ou revoir le visage des amis de Matzneff(Bourgeade, Delorieux,de Saint-Robert, de Roux ou encore Schérer), dont les noms sont bien connus par ses lecteurs. Qui plus est, des images extraites d'un album personnel, d'un album de famille !
Dommage, toutefois, que ces photographies ne soient pas toutes légendées.

88 - Le 03/02/2013 par L'assistante du webmestre

Hervé (87), vous avez raison, il faudra légender toutes les photos. Dès que j'en aurai le loisir, je le ferai.
Merci de votre attentive fidélité ; et merci aux internautes qui, faisant circuler la récente information publiée à la rubrique "Infos" de ce site, ont informé les habitués de Twitter, Facebook et autres lieux de rendez-vous, que "Ivre du vin perdu" venait d'être réédité dans la collection de poche Folio chez Gallimard et "Elie et Phaéton" à La Table Ronde.

89 - Le 10/03/2013 par maxime

σύγχρονος, ou contemporain est le mot qui permet de ne pas utiliser de périphrase.


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