Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Mio Byron

Chronique du 23/07/2017

A la mémoire de la comtesse Teresa Guiccioli


Vendredi 18 mars 2016, assis à la terrasse d’un bistrot du boulevard Saint-Germain, j’aide une jeune étudiante de l’université de Trieste, Ginevra, charmant prénom échappé d’un poème de Leopardi, à traduire Monsieur le comte monte en ballon1.

Nous parlons toujours en italien, j’ignore donc quel est le degré de sa maîtrise du français, mais vu qu’elle a choisi cette traduction comme travail de mastère j’imagine qu’elle s’en tire bien ; Toutefois, certaines de mes expressions laissent la jolie Ginevra perplexe. Comment traduire en italien « fier lapin », « zigouillé », « le cul nu » ? Comment rendre le double sens, les nuances rigolotes de ces expressions populaires, voire argotiques ?

En cet instant, j’ai une pensée amicale pour Danièle Sarrat qui progresse dans ses attrayantes traductions byroniennes et, tel un Napolitain priant San Gennaro, je me tourne vers Benjamin Laroche pour qu’il nous inspire, Ginevra et moi ; qu’il nous murmure les mots justes.

Je note par parenthèse que cet ancêtre amateur de voyages en ballon ne nous éloigne pas de Byron. Ils eurent, Byron dans les années vingt, Matzneff dans les années cinquante, un ami commun, Alfred d’Orsay ; et trente ans après la mort de Byron, villégiaturant à Venise, le comte Ivan Matzneff écrivait à la grande-duchesse Marie Nicolaïevna de Russie :
« J’ai cherché en vain la trace de la fameuse maîtresse de lord Byron Margarita Cogni, celle qu’on appelait la Fornarina ; mais je n’ai rencontré personne qui pût me parler d’elle. Alors j’ai ouvert les Conversations de lord Byron par Thomas Medwin, dont je porte toujours un volume dans la poche de ma redingote, et où notre cher poète immortalise cette jolie femme, ce turbulent démon. »

Revenons à Benjamin Laroche. Un traducteur est un éveilleur, il est le truchement qui nous fait découvrir des mondes inconnus. Je ne serais pas celui que je suis si dans mon enfance et mon adolescence des maîtres sensibles, depuis mon professeur de latin, M. Moreau, qui en classe de cinquième me fit traduire Horace et m’en a infusa l’amour, jusqu’à Jacqueline de Romilly, Pierre Grimal, Pierre Boyancé, Pierre Chantraine qui, à la Sorbonne, m’initièrent aux beautés de Thucydide, de Tibulle, de Cicéron, de Pindare, ne m’avaient pas transmis leur amour de l’antiquité gréco-romaine.

Je ne crois pas que la traduction de Tibulle par Pierre Grimal ait jamais été publiée en volume ; elle le mériterait. En revanche, un des trésors de ma petite bibliothèque est celle du Songe de Scipion de Cicéron par Pierre Boyancé, un livre extraordinairement stimulant pour tout adolescent qui a le goût de la rêverie métaphysique2.

J’étais un garçon studieux, mais j’appartenais à une génération où, en France, les élèves n’étaient plus capables de lire à livre ouvert Xénophon et Salluste. Nietzsche le déplorait déjà en 1880 et au siècle suivant la dégradation ne fit qu’empirer. Pour lire les Anciens, soyons francs (et modestes), la plupart d’entre nous utilisons des éditions bilingues. Lucrèce, ce fut dans la traduction d’Alfred Ernout que je le découvris3 ; Sénèque, dans celle de Pintrel, revue et corrigée par Jean de La Fontaine4 ; Lucien de Samosate, dans celle de Talbot5 ; Plutarque, dans celle de Dacier6.

J’arrête ici l’énumération qui serait longue, avec un coup de chapeau particulier à Eugène Talbot qui, dans le genre traducteur pervers, est insurpassable. Quand j’avais treize ans ou quatorze ans, si je dévorais le Satiricon de Pétrone et les Amours de Lucien, c’était pour les coquineries que j’espérais y trouver. A l’époque n’existait ni Play-Boy ni Internet, les collèges et les lycées n’étaient pas mixtes : la littérature libertine était, avec les prosperose pépés du cinéma italien (la Lollobrigida, la Loren, la Pampanini) et, au Louvre, les toiles des peintres de la Renaissance italienne et du dix-huitième siècle français, une des rares sources dont disposaient les jeunes garçons parisiens pour parfaire leur connaissance de la religion de Vénus, « reine de Cnide et de Paphos », regina Cnidi Paphique… Eh bien, la spécialité de Talbot traducteur de Lucien de Samosate, dès que la prose grecque prenait un tour un peu leste, était de traduire le passage en latin, une langue qui, comme chacun sait, brave l’honnêteté. Imaginez l’exaspération du collégien aux joues roses que j’étais, quand au beau milieu du paragraphe prometteur surgissaient vingt lignes latines et, en bas de page, cette note impertinente :
« Le lecteur comprendra le scrupule qui nous fait traduire en latin ces lignes dont la licence excède toutes les hardiesses où nous avons jusqu’ici suivi notre auteur. »
Furieux, je devais alors recourir à mon Gaffiot pour tenter de percer les mystères vénériens. Transformer ainsi mon éducation amoureuse en version latine, quel sadique cet Eugène Talbot !

Du traducteur dépend souvent le destin d’un auteur à l’étranger. Un bon traducteur est une bénédiction, un mauvais peut se révéler un fossoyeur. En France, Schopenhauer et Nietzsche eurent le bonheur d’avoir deux excellents traducteurs : Auguste Burdeau et Henri Albert ; Dostoïevski, Rozanov et Chestov celui d’en avoir un : Boris de Schloezer. Chez le même éditeur, existent deux traductions d’Héraclite, de Parménide et d’Empédocle : l’une, prétentieux charabia, est propre à dégoûter quiconque des Présocratiques (par charité chrétienne, jetons sur elle le manteau de Noé) ; l’autre, en revanche, due à Yves Battistini7, est un perpétuel enchantement.

Benjamin Laroche est un de ces enchanteurs. Je rends grâce à Dieu de ne pas m’avoir fait découvrir Byron dans la traduction molle et prolixe d’Amédée Pichot qui, au dix-neuvième siècle, plus fameuse que la sienne, bénéficia d’innombrables éditions. Certes, j’en eusse lu quelques pages, mais j’avais quinze ans et je pense que je n’aurais pas eu la patience d’aller plus avant.

Quand j’acquis à la librairie Vrin, place de la Sorbonne, les quatre volumes des Œuvres complètes de Byron traduites par Benjamin Laroche aux éditions Hachette8, je fus tout de suite captivé. Peut-être parce que ce fut Manfred que l’adolescent écorché vif que j’étais alors eut la chance de lire en premier :
« Dès ma jeunesse, mon esprit ne marchait pas avec les âmes des hommes et ne regardait point la terre avec des yeux humains. La soif de leur ambition n’était pas la mienne ; le but de leur existence n’était pas le mien : mes joies, mes chagrins, mes passions, mon génie, tout faisait de moi un étranger. »

Ces mots me bouleversèrent comme, deux ou trois ans plus tard, allaient me bouleverser ces mots de l’homme souterrain de Dostoïevski : « Je constatais que je ne ressemblais à personne et que personne ne me ressemblait. Je suis seul, tandis qu’eux ils sont tous, me disais-je.9 »

J’avais souvent vu dans la bibliothèque de mes parents une édition des œuvres de Byron en anglais, elle aussi en quatre tomes : The Complete Works of Lord Byron, Baudry’s European Library, Paris, 1835. Je m’en emparais et, au fur à mesure que je progressais dans la traduction de Benjamin Laroche, je comparais celle-ci au texte original, prenais les premières notes que j’utiliserai plus tard pour écrire ma Diététique :
«[…]. From my youth upwards
My spirit walk’d not with the souls of men,
Nor look’d upon the earth with human eyes ;
The thirst of their ambition was not mine ;
My joys, my griefs, my passions, and my powers,
Made me a stranger. [...]10 »


Goethe était enchanté de la traduction de son Faust par Nerval ; Schopenhauer de celle du Monde comme volonté et comme représentation par Burdeau. Si Byron avait vécu assez longtemps pour découvrir celle de Laroche, le byronien fervent que je suis est convaincu qu’il en aurait été heureux.

Si j’éprouvai illico une vive admiration pour Benjamin Laroche, ce ne fut pas uniquement pour ses qualités de traducteur. Je fus ému, enthousiasmé par la ferveur et le courage avec lesquels il prend la défense de Byron criblé d’anathèmes par les quakeresses qui lui font grief de l’immoralité de sa vie et de ses livres. En 2016, les artistes - qu’ils soient écrivains, cinéastes, peintres, photographes, sculpteurs - s’inquiètent à bon droit de l’ordre moral qui depuis quelques années s’impatronise de l’entière planète ; mais Benjamin Laroche est là pour nous rappeler qu’être un esprit libre, oser mettre son cœur à nu, faire un pied de nez au Politically Correct, déjà en 1816, voilà juste deux siècles, ce n’était pas de la tarte.

Exilé depuis 3 ans, Byron, à propos de ses contemporains qui jugent un écrivain à l’aune de sa moralité ou de sa prétendue immoralité, écrit de Venise à John Murray le 25 janvier 1819 :
« Quant au Cant du jour je le méprise, comme je l’ai toujours fait des autres ridicules fashions. Si l’on admet cette pruderie, il faut mettre sous le boisseau la moitié de l’Arioste, de La Fontaine et de Shakespeare11. »

Un byronien passionné, Gustave Flaubert, qui n’a jamais perdu une occasion de publier tout ce qu’il doit à Byron, enfonce le clou lorsque le 16 février 1860 il écrit à Guy de Maupassant :
« Ce qui est beau est moral, voilà tout et rien de plus. La poésie, comme le soleil, met de l’or sur le fumier. Tant pis pour ceux qui ne le voient pas. »

Sur ce thème, le plus éloquent est Benjamin Laroche et ce fut avec délectation qu’adolescent je lus sa notice sur la vie de Byron qu’il plaça au début du premier des quatre tomes de sa traduction :
« Tel est l’ensemble de cette vie que les puritains britanniques, que les pharisiens de tous les pays ont tant calomniée […]. Aujourd’hui encore les préjugés qui le poursuivirent vivant, continuent à planer sur sa tombe […] Mais c’est à propos de Don Juan surtout, de ce poème inimitable dont rien jusqu’alors n’avait offert le modèle, et où le génie de Byron sème à pleine main tous ses poétiques trésors, c’est à propos de cette composition sans égale dans les littératures anciennes et modernes, que l’acharnement des ennemis de ce grand homme a redoublé. Nous étions en Angleterre quand les premiers chants de Don Juan parurent dans le Libéral, nous nous rappelons encore les exclamations hypocrites de la pruderie anglaise à son apparition. Les femmes surtout se signalèrent dans cette croisade de la médiocrité jalouse contre une œuvre de génie ; toutes le lisaient avidement ; aucune n’eût osé avouer cette lecture. La Société pour la suppression du vice fulminait ses réquisitoires et menaçait de poursuivre les publicateurs. »

Obnubilés par notre propre destin, nous croyons avoir l’infortune de vivre à l’époque la plus bête de l’histoire de l’humanité, un temps où les oukases des ligues de sycophantes glabres se conjuguent aux fatwas des califes barbus ; mais l’accueil fait à Byron par les bien-pensants, que nous remet en mémoire Laroche, nous persuade qu’il n’en est rien et que la bêtise cafarde est un increvable phénix. Benjamin Laroche fortifie notre conviction que Byron, ses livres, l’enivrant souffle de liberté qui les anime, cet ambigu de mélancolie et d’énergie vitale qu’incarne le byronisme sont plus que jamais actuels, nécessaires.

Quand je songe à Benjamin Laroche j’éprouve la même émotion tendre que lorsque je songe à Teresa Guiccioli : l’un et l’autre lui demeurèrent fidèles par-delà le tombeau, l’un et l’autre le défendirent bec et ongles contre les fielleuses petitesses des épigones jaloux style Lamartine, et le dévoué traducteur aurait le droit de faire sien l’amoureux Mio Byron prononcé par la jeune femme dans le salon vénitien de la comtesse Marina Querini Benzoni. Oui, une émotion tendre, je ne saurais mieux dire.
Dans la précieuse et savante étude que Denis Feignier lui consacre, les lecteurs de Byron découvriront les nombreuses autres raisons qu’ils ont de témoigner à Benjamin Laroche leur estime et leur sympathie. Ici, j’ai voulu dire brièvement les miennes.

Gabriel Matzneff
Bulletin de la Société française des études byroniennes, 2016

1: Gabriel Matzneff, Monsieur le comte monte en ballon, Editions Léo Scheer, Paris, 2012.

2: Etudes sur le Songe de Scipion par Pierre Boyancé, Féret et Fils éditeurs, Bordeaux, 1936.

3: Lucrèce, De rerum natura, Les Belles Lettres, Paris, 1955.

4: Œuvres complètes de Sénèque, collection Nisard, Firmin-Didot, Paris, 1877.

5: Œuvres complètes de Lucien de Samosate, Hachette, 1874.

6: Les vies des hommes illustres de Plutarque, Dufour et Roux, Maëstricht, 1778.

7: Trois contemporains, Héraclite, Parménide, Empédocle par Yves Battistini, Gallimard, Paris, 1955.

8: Œuvres complètes de lord Byron traduites par Benjamin Laroche, Hachette, Paris, 1847.

9: Dostoïevski, Notes du sous-sol.

10: Byron, Manfred, acte 2, scène 2.

11: Lire la citation complète dans le sixième volume de Byron’s Letters and Journals, John Murray, London, 1976, page 95.


Commentaires

1 - Le 23/07/2017 par Bruxelles, dimanche vers 22 heures...

Il est de ces coïncidences... Vers 13 heures, en ce dimanche ensoleillé à demi du 23 juillet 2017, Françoise R. (1), une amie dévouée d'origine suisse, jolie fille d'un feu pasteur très sévère de Genève, rencontrée dans un "café-philo" vers les années nonante, mais perdue de vue par les aléas de la vie, me fit une joyeuse visite surprise. Une aubaine ! Bref, car au fil d'un échange à bâtons rompus de souvenirs divers, je fus amenée à évoquer la longue tragédie vécue par Manfred (URL), un ouvrage trouvé et lu fébrilement à la Bibliothèque Royale de l'Albertine, d'une certaine façon grâce à Gabriel Matzneff, de plus belle !

2 - Le 23/07/2017 par ♫ ♫ ♫

Symphonie.

3 - Le 24/07/2017 par [Spam supprimé]

4 - Le 24/07/2017 par G r r r ....

Mais qu'ont-ils donc (URL 3) de venir s'imposer de la sorte sur le site que Frank Laganier - le webmestre - a consacré à Gabriel Matzneff depuis les années, peut-être même avant, nonante ?

5 - Le 24/07/2017 par Pina Yeucsz vers 21:48 '

Chère ou cher G r r r .... du # numéro 4 du 24/7/2017. Ne fallait-il Point dire-écrire, pour mieux dire ? : — Qu'ont-ils donc tous "de" venir ou bien "à" venir etc. ? Car, décidément, il va vous/nous falloir retourner au théâtre de "À l'école Rita" !

6 - Le 24/07/2017 par Chut...

Je souris, sous cape, en me remémorant des temps anciens (les années 60 septante), où un grand nombre de lecteurs (surtout des lectrices) matznèvolâtres (sic), craignaient (...) que Gabriel Matzneff ne se retirât dans quelque monastère orthodoxe reculé ou autre...(URL). Par contre, d'autres appréhendaient avant tout le pire et tremblaient pour sa vie. Donc, vive lui et merci à Dieu et au bon petit-grand-diable d'être encore en vie !

7 - Le 24/07/2017 par U R L

C'est celui-ci ...

8 - Le 30/07/2017 par Grosse lectrice de Gab la Rafale

"Transformer ainsi mon éducation amoureuse en version latine, quel sadique cet Eugène Talbot !" Gab la Rafale étant devenu un latiniste de haute volée, il faut croire que cette méthode était assez efficace.
Quant à la jeune Ginevra, ne serait-ce pas elle, la Ruth de Gabriel-Booz ? Réponse le 2 novembre dans La Jeune Moabite, journal 2013-2016.

9 - Le 30/07/2017 par Les conseils de la Nonna O

Chère Grosse lectrice de Gab la Rafale, comment ne pas vous remercier de votre nouvel et précieux indice ? Oui, ce matin ma petite-fille aînée avait même l'intention de vous lancer un ultime S.O.S. ! Voire une supplique formulée de la sorte : Aidez-moi !
Car nonobstant une relecture plus approfondie de la page 43 des célèbres Demoiselles, renseignée de l'autre grâce à vos soins, tel qu'un plongeon dans un grand jeu de piste(s) si cher aux louveteaux d'une autre époque, la même petite-fille ne parvenait toujours pas à élucider le mystère de La Jeune Ruth Maobite. Mais puisque vous nous apprenez qu'il s'agira du Journal 2013-2016, au lieu de la suite de celui de 1989 tant attendu depuis 2010 (1), votre généreuse intervention lui évitera de la sorte de répandre des informations fantaisistes dignes d'une jeune écervelée (elle est fille et a coiffé Catherinette depuis belle lurette !) victime d'une imagination débridée.

10 - Le 11/08/2017 par Jean

Bon anniversaire au Maître

11 - Le 11/08/2017 par jy

Cher Monsieur ou Madame Jean,il me semble bien que c'est demain..

12 - Le 11/08/2017 par Véra et sa.

Comment cela qu'il vous en semble, cher Jean Yves Bernard (11) !? N'aviez-vous donc point vu et relu - sur le Point, par exemple, l'an passé - que l'archange Gabriel Matzneff, alias Gab la Rafale, est né le même jour qu'un pingouin tristounet de Hollande ? Lequel n'avait rien d'un lion solaire, lui...

13 - Le 11/08/2017 par Mais oui..

.. Chère Véra; néanmoins il faut être doux, poli, gentil avec les visiteurs qui font de grands honneurs de venir et ne se trompent que d'un jour (jy). J'aimais bien quand-même M Hollande. Pour moi il respirait la sincérité, l'humanisme

14 - Le 11/08/2017 par Tête de citron ?

@ Mais oui... Votre # XIII. Si je peux me permettre... ? Sachez que d'aucun(e)s n'ont jamais caché que sous la plume de Gabriel Matzneff, être traité de pingouin était plutôt sympathique-ment gentil, non ? Quant à Véra et sa du commentaire numéro XII, que voulez-vous ? Il lui arrive, souvent, quelquefois, de manquer d'R ou d'être quelque peu impulsive. Ou trop spontanée, selon celles et ceux qui l'aiment bien.

N.B. En aparté. De vilaines langues gonflées de bêtises, lui auraient même reproché, il y a peu, paraît-il, qu'au fil du temps, elle aurait cultivé, en sourdine, un quasi ou réel "complexe de supériorité" (sic, une expression prisée des Belges, jadis ou naguère...), du fait de ne puiser toutes ses forces que dans l'œuvre matznèvienne. D'ainsi surmonter les vaines mièvres pleurnicheries de la sottise ambiante en pleine croissance.

15 - Le 11/08/2017 par Sonia Winterfeld...

Bon, se dit-elle... Revenons-en aux précieux indices de la Grosse lectrice de Gab la Rafale (une vraie de chez vrai), du 31 juillet 2017 en (8) ! Vous avez dit Ginevra ?

===== > "Vendredi 18 mars 2016, assis à la terrasse d’un bistrot du boulevard Saint-Germain, j’aide une jeune étudiante de l’université de Trieste, Ginevra, charmant prénom échappé d’un poème de Leopardi, à traduire Monsieur le comte monte en ballon 1."

16 - Le 11/08/2017 par Et pourtant..

je suis témoin.Vous les deux lectrices spécialisées de cette oeuvre, regardez bien ailleurs et même profondément. Le médecin spécialiste est aussi médecin généraliste par sa culture et expérience d'ailleurs

17 - Le 11/08/2017 par Encore une autre chose...

essentielle que le Journal de Gabriel Matzneff peut apprendre aux lecteurs qui sont rarement informés de l'importance du talent nécessaire à un traducteur quand il se voue à la transmission.

18 - Le 12/08/2017 par Anonyme

Et si... nous en revenions à la chronique du 23/07/2017 que Gabriel Matzneff intitule Mio Byron ? Ce qui laisse supposer que notre génial, inventif et infatigable Gab la Rafale nous a donc préparé un (des) triplé(s) ? Aussi, me permettrais-je de demander à la Grosse Lectrice en 8, de bien vouloir nous/me informer si, à l'instar d'un ouvrage préfacé-traduit par Paul Bensimon & Roger Martin, chez Bilingus Aubier Flammarion en 1971, si le mémorable voyage en ballon de Monsieur le comte Ivan Matzneff de Paris à Spa sera ou pas une version bilingue franco-italienne ?


19 - Le 12/08/2017 par Grosse lectrice de Gab la Rafale

Qu'est-ce donc que cette "Maobite" que vous évoquez dans votre message 9, chère Nonna O ? Croyez-vous donc que c'est un livre sur la vie sexuelle du Grand Timonier que nous livrera Gabriel Matzneff le 2 novembre prochain ? Rassurez-vous, sa propre vie amoureuse suffit à remplir ses journaux intimes. Et il fait fi du temps qui passe. Ne nous contera-t-il pas (entre autres) dans "La jeune Moabite" ses amours avec une beauté de 19 printemps ? Heureux anniversaire à notre Booz des temps modernes !

20 - Le 13/08/2017 par Nonna O (V S, née Z) du numéro 9

Chère Grosse (*) lectrice de Gab la Rafale, je ne vous cache pas que votre question nouvelle m'embarrasse. Disons, un gros tantinet ? En effet, puisque je constate que je serais incapable de me souvenir de ce que je voulais dire... Mais ce dont je suis ab-so-lu-ment certaine, c'est, qu'en tous les cas, l'idée que dans son nouveau Journal 2013-2016, prévu pour le 2 novembre, Gabriel Matzneff put nous livrer autre chose que ce que bon lui semblera ne m'a même jamais effleurée. Quant à Booz, c'est par un hasard heureux que j'ai découvert, dans la mi-journée, que ce vieillard magnifique fut déjà brièvement évoqué à la page 130 de Calamity Gab - Journal janvier 1985-avril 1986. paru à L'Infini, nrf, Gallimard en février 2004.
C'est à vous en donner le tournis, tant, Seigneur, le suspens renouvelé est beau et palpitant !

(*) L'embonpoint n'étant guère matznévien, pourquoi vous auto-proclamez-vous en "grosse" au lieu de "grande" ?

21 - Le 14/08/2017 par Grosse lectrice de Gab la Rafale

@Nonna O, n'avez-vous pas noté que l'on parle de "gros mangeur" et non de "grand mangeur" ? Dès lors, mon alias était tout trouvé, car je m'honore d'avoir dévoré l'oeuvre entière de Gab la Rafale.

Je suis aussi une grosse rieuse et votre "Maobite" m'a beaucoup divertie. Je n'ai pu résister à la tentation d'aller réveiller le Grand Timonier dans son mausolée pour lui faire partager mon hilarité. Mais en matière d'humour, vous me rendez des points : en feignant l'innocence face à mon jeu de mots, vous vous montrez beaucoup plus drôle que moi.

22 - Le 17/08/2017 par petit inconnu..

avide pourrait être aussi un synonyme approprié

23 - Le 17/08/2017 par Oma O, confuse...

"Feindre l'innocence", dites-vous ? Hélas, que nenni ! Mais si vous le dites, j'eusse préféré, croyez-m'en...

24 - Le 19/08/2017 par Opa Firmin de 14/18

Fichtre ! Ne voilà-t-il pas que la valse à mille spamos recommence ? Décidément ! Va-t-il falloir encore que le webmestre ou son assistante dévouée refasse le ménage une bonne fois pour toutes les autres nouvelles fois ?

25 - Le 23/08/2017 par Sonia W

... ?

26 - Le 23/08/2017 par L Dormeur

.

27 - Le 24/08/2017 par Hors sujet

Bonjour Mes Dames aux belles écritures mystérieuses. Que la musique et ces délicates peintures russes les parfument davantage.Très belle journée à vous..

28 - Le 24/08/2017 par Numéro vingt-neuf

♫ ♫ ♫

À Hors sujet, votre commentaire numéro 28 .. .. ..
Et qui a écrit : "en art tout est sujet" SVP ?

URL = https://www.youtube.com/watch?v=_It7HRGomoE

29 - Le 24/08/2017 par Sonia Winterfeld (*)

Concerne (**) : " Coup de foudre en Matznévie ! " © & ®

(*) Alias Bepa CLIC Alias.
(**) Titre à louer... <*)))))><(

30 - Le 24/08/2017 par Véra S

L'URL (facultatif) de mon # 31 - XXXI - est une grosse clignette à la Grosse Lectrice de Gab la Rafale. À 36 # je m'arrête, et repars lire la suite.

31 - Le 01/09/2017 par Anonyme

Mais que fout la fameuse assistante du webmestre depuis le 18 août ? Vous ne voyez pas, Mademoiselle, qu'il y a un énorme spam qui défigure le blog de votre patron ? Vous préférez allez vous baigner, voir vos copines, certes, mais pendant ce temps notre écrivain favori ne va pas être content de votre négligence !

32 - Le 02/09/2017 par Parfaitement d'accord !

Avec le commentaire de l'Anonyme du numéro 33. (Vous avez bien dit trente-trois ?) La Damoiselle fera-t-elle un bel effort pour que domani, ce Dimanche 3 septembre 2017, l'énorme spam vorace inutile soit balayé vitement, étant donné que le sympathique et inoubliable professeur M. Alphonse Dulaurier, professeur de lettres, fêtera sa 112 ème année ? S.W.

33 - Le 03/09/2017 par Oh Oui !

Ce serait tellement bien ! et puis il pourra y avoir de nouvelles chroniques.On pourra discuter, commenter dans un beau mois de septembre (jy)

34 - Le 03/09/2017 par Grosse lectrice de Gab la Rafale

Je signale à l'anonyme du 33 que ni Gabriel Matzneff ni le webmestre de ce site ne sont les "patrons" de l'excellente jeune femme (et non la "damoiselle") qui veut bien assister M. Frank Laganier à titre bénévole. Cette personne a un métier absorbant, elle a charge de famille, et a bien le droit de prendre des vacances.
Les propos discourtois que d'aucuns tiennent ici à son encontre sont parfaitement déplacés.

35 - Le 03/09/2017 par jy

Chère lectrice estimée du 36, de la façon dont vous nous présentez les choses, l'on ne peut-être qu'en accord avec vous,et ce à 100 pour 100. Je crois en votre sincérité

36 - Le 03/09/2017 par Ah ! ça vouiche..

Cher jy du # 35. Mais pourquoi avez-vous donc deux prénoms sans le trait d'union ? Mystère et boule de cristal. Quant à me, j'ai hâte, avant tout, de me plonger dans le recueil de poèmes confidentiels intitulé LES EAUX DU LÉTHÉ. Car vive le pétillant professeur de lettres éternelles, le sacrément sympathique Monsieur Alphonse Dulaurier de la page numéro 13 de "Nous n'irons plus au Luxembourg" ! Mauricette...

37 - Le 04/09/2017 par Anonyme

N° 36 : vous avez tout à fait raison d'apporter les jolies précisions que voilà. Il me semble cependant que, même si elle a un "métier absorbant" (la pauvre !), l'assistante du webmestre se montre bien légère dans la tâche qui lui incombe. Par sa faute, ce blog immaculé, à l'image de Matzneff, devient une décharge publique. On ne saurait trop le regretter. C'est pourquoi je redis : Mademoiselle, allez hop, au boulot ! Et mes propos ne sont pas discourtois, mais pleins d'une noble fermeté. C'est comme ça qu'il faut parler aux donzelles rebelles, qui, par paresse caractérisée, instaure le bordel là où il n'a pas lieu d'être. Quand Matzneff, qui est quand même, même symboliquement, son patron, va voir ça, que va-t-il penser ? Et nous avec, fidèles admirateurs du grand homme ?

38 - Le 04/09/2017 par Mais ne croyez vous..

..pas aussi cher Anonyme, que si cette personne est bénévole,ses priorités personnelles,familiales,professionnelles, doivent passer bien avant d'autres plus bienveillantes ou désintéressées, et que c'est à nous un peu de "faire avec ", comme l'on dit en attendant ? d'autant plus que le site n'est pas bloqué. En tout cas, c'est mon point de vue. Mais je comprends aussi le vôtre dans son souci de l'ordre ou du que tout soit bien. Nous sommes tous pareils. Mais cela va s'arranger (jy)

39 - Le 05/09/2017 par Capitaine K

À (jy) du commentaire numéro 40. Assurément, vous devez être une crème d'homme ! Néanmoins, ne vous semble-t-il pas que le mystère - un labyrinthe, en somme - qui persiste à planer ou s'installer autour et alentour de l'identité de la jeune personne du sexe opposé (Lulu Nutella ?) que vous protégez - non pas à tort mais à raison, bien entendu - ne facilitent guère votre conception quasi virginale mais respectable de l'immaculité d'un site qu'avant de se rendre en Chine et ailleurs, Frank Laganier a consacré à Gabriel Matzneff au précédent millénaire pour qu'il vive ?

40 - Le 05/09/2017 par Cher Capitaine K

Mon indulgence va d'abord vers cette personne de chair, de sang et de spiritualité, alors que notre site brillant et intellectuel a un côté quelque peu matériel et secondaire aussi. Tantôt souillé mais tantôt pur,il redeviendra

41 - Le 08/09/2017 par Thomas CLIC YAZIQ

Il suffit d'un CLIC !

42 - Le 09/09/2017 par Merci Madame !

Cette page est nickel ! Nous nous sentons des ailes ! (jy)

43 - Le 10/09/2017 par Un peu relu la chronique..

(alinéa quant à M Flaubert)
Moi, je dirais que la poésie, par la beauté de sa confession,en rend grâce à l'auteur et ainsi l'acquitte pleinement (jy) et naturellement tout ne devient que moral

44 - Le 10/09/2017 par moral..

par une vérité révélée dans un écho sans masque et lumineux (jy)

45 - Le 14/09/2017 par Quand reverrai-je ..

de ce petit site, surgir les élégantes et choisies pensées de deux dames lectrices de M Matzneff que je "like" à la folie (jy)

46 - Le 15/09/2017 par Pas de panique !

Cher (jy) .. # 45 du XIV septembre 2017..
Figurez-vous que j'ai vu et ouï dire, qu'en ce moment, en tout cas, l'une d'entre elles se pencherait avec une gourmandise quasi fébrile sur les versants d'un sain-saint passé matznévophile jamais révolu. Ce, grâce à de précieuses archives épistolières jalousement mises à l'abri, mais ô combien révélatrices de l'élévation d'esprit, sa force, la modestie, l'humilité, et la générosité incommensurables d'un écrivain tel que l'irremplaçable Gabriel Matzneff ne cessa jamais d'être. C'est fulgurant. 22:01

47 - Le 15/09/2017 par Atomes crochus, danse et ♫

Malgré un milieu social prétendu quelque peu différent, les premières émotions esthétiques ressenties à la prime enfance et/ou à l'adolescence semblent, étrangement, toutes aussi fulgurantes. URL à 23:39'

48 - Le 16/09/2017 par Merci de continuer..

Mais comment vous reconnaître. Là est le négligeable par rapport à l'imposant, me direz-vous (jy) et vous avez raison cependant

49 - Le 16/09/2017 par Cher (jy), cependant...

... quoi ? En tous les cas, je n'ignore pas que je ne suis POINT une @$!$ de spam ! Mais VNL Séaoa...

50 - Le 16/09/2017 par ma réponse..

.. cependant de ne pas chercher à savoir, peut-être ou sûrement (jy)

51 - Le 16/09/2017 par Pierre-Yves

Ce qui me taraude actuellement c'est surtout de savoir quand mon postier me livrera la nouvelle fournée Matznevienne. Où en sont donc ces eaux du Léthé ? et surtout combien sommes nous à avoir souscrit à ce beau (à n'en pas douter) recueil de poèmes ? 110 exemplaires, c'est si peu. Des questions qui ne devraient, je l'espère, pas rester en suspens bien longtemps.
J'ai également appris que Gabriel Matzneff s'attele depuis quelques semaines à corriger les épreuves du tome de son journal à paraître en novembre chez Gallimard. Quelle heureuse fin d'année en perspective.

52 - Le 16/09/2017 par Vous avez raison..

.. Cher Pierre-Yves, j'ai su ou j'ai vu courant août, que c'était son souci et qu'il y travaillait très fort..

53 - Le 16/09/2017 par Anonyme

Encore un énième tome du Journal ! Comme si jusque là ça n'avait pas suffi. Matzneff est un auteur qui ne déteste pas se répéter, c'est bien, mais là ça devient lourd. Je ne voudrais pas vous gâcher votre joie, mais il y a tellement de livres plus intéressants, autres que ces réitérations égotistes surannées... Moi, c'est tout vu, je passerai mon chemin, ne vous en déplaise !

54 - Le 16/09/2017 par Elisabeth L.

Au courageux (...) mais ô combien lamentable Anonyme - un aigri ou un vieux vantard envieux ? - du commentaire numéro VIII (53).

Avant de venir très bêtement vous aérer les dents avec du vent, apprenez à ne surtout pas tenter de dégoûter les matznévophiles avertis, jeunes et moins jeunes. Ce serait peine perdue !

55 - Le 16/09/2017 par Véra et sa R

À Pierre-Yves. Votre aimable # 51. Ô combien, si vous saviez, nous partageons votre impatience ! En tout cas pour ce qui concerne Les Eaux du LÉTHÉ, aux dernières nouvelles glanées de-ci de-là, l'envoi du précieux recueil des poèmes amoureux de Gabriel Matzneff serait imminent.

56 - Le 17/09/2017 par CAHIN-CAHA

À mon BL (54) de-ci de-là. Pas VIII (8) mais LIII. Voyons !
Signé : la gomme.

57 - Le 18/09/2017 par A. Nielsen

Un nouveau tome de son journal??!! C'est une fantastique nouvelle! Sait-on s'il s'agit des années récentes ou plus anciennes?

58 - Le 18/09/2017 par A. Nielsen

J'ai trouvé;
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/La-Jeune-Moabite

59 - Le 18/09/2017 par Merci !

À A. Nielsen 58.

N.B. "Coup de foudre en Matznévie" © cf. mon lien en l'URL ci-dessus et dessous : http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gabriel-matzneff/matzneff-freud-ne-suffit-pas-18-09-2017-2157813_1885.php# (vsaroka)

60 - Le 18/09/2017 par V Soroka

Cорока ?

61 - Le 19/09/2017 par Varona S

Bonjour ! Joyeuse fête aux Emile(s) de Gab la Rafale et autres dérivés.

62 - Le 19/09/2017 par Hervé

@58 merci, voilà une belle nouvelle !
@59 une version sans verrou, please !

63 - Le 19/09/2017 par 59

@Hervé, votre # 62. De quel verrou parlez-vous ?

64 - Le 20/09/2017 par Il s'agit

..non pas du verrou de M Fragonard, peintre si cher à M Matzneff, mais d'un autre fameux et restrictif pour une liberté de suite accessible à la lecture de l'article. Quant à moi, je ne condamne pas, mais il faut bien reconnaître qu'une fausse joie y est spontanée.Quoi de plus humain JY, mais c'est la vie.Je ne me rappelle plus si le Point au bout d'un certain temps, le livre en version intégrale,ou ne le fait plus.Il m'est arrivé dans le passé, postérieurement d'avoir eu connaissance de l'article

65 - Le 24/09/2017 par Anonyme

@64. Que voulez-vous dire ?

66 - Le 24/09/2017 par Véra N L

À Pierre-Yves, votre commentaire 51 du 16/09/2017.
Pour ce qui concerne le recueil de poèmes érotiques au beau titre nostalgique, LES EAUX DU LÉTHÉ, voyez ce que je découvre à l'instant !
URL ===> http://www.matzneff.com/infos.php

67 - Le 25/09/2017 par Mon plus gentil bonjour..

..à vous tous,mais comprenez moi, très chère Anonyme 65, que je ne veuille pas répondre, trouvant mon 64 d'une clarté époustouflante (jy)

68 - Le 25/09/2017 par Anonyme du # 65

Cher "Mon plus gentil bonjour" (67). Puisque vous le dites...
Néanmoins, j'aurais bien mis mes petites pattes - quoique hésitantes - de souris au(x) feu(x) de l'été, que votre discrète personne ne pouvait que faire partie des fidèles abonnés du Bénitier sulfureux (sic) de l'infatigable (‡), élégant, courtois, mais en premier, l'irremplaçable Gabriel Matzneff, alias Gab la Rafale (Ier, l'invité du journal Le Point.

— ‡. La preuve ! cf. l'URL sous mon "pseudo" - nyme.

69 - Le 25/09/2017 par Hervé

Exemplaire (non massicoté) reçu ce lundi.

70 - Le 26/09/2017 par Vera

Cher Hervé, grâce à vous *69, ce matin j'ai bien surveillé le facteur-messager qui n'a dû sonner que deux fois...
Merci, et vive la Poste ! 12:12'

71 - Le 26/09/2017 par Esprit d'escalier

Hervé, un livre non massicoté et ses mystères en attente d'être dévoilés, n'est-il pas comparable à l'appétissante cerise sur un gâteau à croquer ? Je pense que oui. Comme dans tout, c'est probablement toute la différence entre la haute-couture et le prêt-à-porter. Une découverte. SW

72 - Le 27/09/2017 par Grosse lectrice de Gab la Rafale

704 pages ! "La jeune Moabite" sera le plus copieux des livres de Gab la Rafale. Sa jeune muse de 19 printemps semble avoir inspiré notre Booz plus éveillé que jamais. De quoi se consoler des deux semaines de retard annoncées (parution le 16, et non plus le 2 novembre).

73 - Le 27/09/2017 par Vous êtes toujours là..

.. et puis ce n'est pas cher du tout 29 euros. C'est à ma portée. Je pourrai facilement commander à la maison de la presse. Ils me rappellent lorsque le livre est arrivé. Donc assez facile

74 - Le 28/09/2017 par Tiotia Alicia

À la Grosse lectrice de Gab la Rafale, votre # 72. Ou alors, en attendant, se consoler en mieux, en plongeant dans le VII ******* que sont "Les Eaux du LÉTHÉ" de Gabriel Matzneff ? (Un Poète porte-Bonheur, selon VS, ma vieille nièce).

75 - Le 01/10/2017 par jy

VS une vieille nièce ! que de confusions, que d'incertitudes, que de sincères interrogations dans ma pauvre tête. Et c'est avec tristesse que j'ai appris sur un autre réseau, à moins que l'on ait voulu me taquiner, que WS, c'était la même chose. Je ne sais plus maintenant

76 - Le 03/10/2017 par Ariane

Je vois que la Ribambelle est encore assez bien pour trainer dans les parages...

77 - Le 03/10/2017 par Oui


Mio Byron
Chronique du 23/07/2017

A la mémoire de la comtesse Teresa Guiccioli


Vendredi 18 mars 2016, assis à la terrasse d’un bistrot du boulevard Saint-Germain, j’aide une jeune étudiante de l’université de Trieste, Ginevra, charmant prénom échappé d’un poème de Leopardi, à traduire Monsieur le comte monte en ballon1.

Nous parlons toujours en italien, j’ignore donc quel est le degré de sa maîtrise du français, mais vu qu’elle a choisi cette traduction comme travail de mastère j’imagine qu’elle s’en tire bien ; toutefois, certaines de mes expressions laissent la jolie Ginevra perplexe. Comment traduire en italien « fier lapin », « zigouillé », « le cul nu » ? Comment rendre le double sens, les nuances rigolotes de ces expressions populaires, voire argotiques ?

En cet instant, j’ai une pensée amicale pour Danièle Sarrat qui progresse dans ses attrayantes traductions byroniennes et, tel un Napolitain priant San Gennaro, je me tourne vers Benjamin Laroche pour qu’il nous inspire, Ginevra et moi ; qu’il nous murmure les mots justes.

Je note par parenthèse que cet ancêtre amateur de voyages en ballon ne nous éloigne pas de Byron. Ils eurent, Byron dans les années vingt, Matzneff dans les années cinquante, un ami commun, Alfred d’Orsay ; et trente ans après la mort de Byron, villégiaturant à Venise, le comte Ivan Matzneff écrivait à la grande-duchesse Marie Nicolaïevna de Russie :
« J’ai cherché en vain la trace de la fameuse maîtresse de lord Byron Margarita Cogni, celle qu’on appelait la Fornarina ; mais je n’ai rencontré personne qui pût me parler d’elle. Alors j’ai ouvert les Conversations de lord Byron par Thomas Medwin, dont je porte toujours un volume dans la poche de ma redingote, et où notre cher poète immortalise cette jolie femme, ce turbulent démon. »

Revenons à Benjamin Laroche. Un traducteur est un éveilleur, il est le truchement qui nous fait découvrir des mondes inconnus. Je ne serais pas celui que je suis si dans mon enfance et mon adolescence des maîtres sensibles, depuis mon professeur de latin, M. Moreau, qui en classe de cinquième me fit traduire Horace et m’en a infusa l’amour, jusqu’à Jacqueline de Romilly, Pierre Grimal, Pierre Boyancé, Pierre Chantraine qui, à la Sorbonne, m’initièrent aux beautés de Thucydide, de Tibulle, de Cicéron, de Pindare, ne m’avaient pas transmis leur amour de l’antiquité gréco-romaine.

Je ne crois pas que la traduction de Tibulle par Pierre Grimal ait jamais été publiée en volume ; elle le mériterait. En revanche, un des trésors de ma petite bibliothèque est celle du Songe de Scipion de Cicéron par Pierre Boyancé, un livre extraordinairement stimulant pour tout adolescent qui a le goût de la rêverie métaphysique2.

J’étais un garçon studieux, mais j’appartenais à une génération où, en France, les élèves n’étaient plus capables de lire à livre ouvert Xénophon et Salluste. Nietzsche le déplorait déjà en 1880 et au siècle suivant la dégradation ne fit qu’empirer. Pour lire les Anciens, soyons francs (et modestes), la plupart d’entre nous utilisons des éditions bilingues. Lucrèce, ce fut dans la traduction d’Alfred Ernout que je le découvris3 ; Sénèque, dans celle de Pintrel, revue et corrigée par Jean de La Fontaine4 ; Lucien de Samosate, dans celle de Talbot5 ; Plutarque, dans celle de Dacier6.

J’arrête ici l’énumération qui serait longue, avec un coup de chapeau particulier à Eugène Talbot qui, dans le genre traducteur pervers, est insurpassable. Quand j’avais treize ans ou quatorze ans, si je dévorais le Satiricon de Pétrone et les Amours de Lucien, c’était pour les coquineries que j’espérais y trouver. A l’époque n’existait ni Play-Boy ni Internet, les collèges et les lycées n’étaient pas mixtes : la littérature libertine était, avec les prosperose pépés du cinéma italien (la Lollobrigida, la Loren, la Pampanini) et, au Louvre, les toiles des peintres de la Renaissance italienne et du dix-huitième siècle français, une des rares sources dont disposaient les jeunes garçons parisiens pour parfaire leur connaissance de la religion de Vénus, « reine de Cnide et de Paphos », regina Cnidi Paphique… Eh bien, la spécialité de Talbot traducteur de Lucien de Samosate, dès que la prose grecque prenait un tour un peu leste, était de traduire le passage en latin, une langue qui, comme chacun sait, brave l’honnêteté. Imaginez l’exaspération du collégien aux joues roses que j’étais, quand au beau milieu du paragraphe prometteur surgissaient vingt lignes latines et, en bas de page, cette note impertinente :
« Le lecteur comprendra le scrupule qui nous fait traduire en latin ces lignes dont la licence excède toutes les hardiesses où nous avons jusqu’ici suivi notre auteur. »
Furieux, je devais alors recourir à mon Gaffiot pour tenter de percer les mystères vénériens. Transformer ainsi mon éducation amoureuse en version latine, quel sadique cet Eugène Talbot !

Du traducteur dépend souvent le destin d’un auteur à l’étranger. Un bon traducteur est une bénédiction, un mauvais peut se révéler un fossoyeur. En France, Schopenhauer et Nietzsche eurent le bonheur d’avoir deux excellents traducteurs : Auguste Burdeau et Henri Albert ; Dostoïevski, Rozanov et Chestov celui d’en avoir un : Boris de Schloezer. Chez le même éditeur, existent deux traductions d’Héraclite, de Parménide et d’Empédocle : l’une, prétentieux charabia, est propre à dégoûter quiconque des Présocratiques (par charité chrétienne, jetons sur elle le manteau de Noé) ; l’autre, en revanche, due à Yves Battistini7, est un perpétuel enchantement.

Benjamin Laroche est un de ces enchanteurs. Je rends grâce à Dieu de ne pas m’avoir fait découvrir Byron dans la traduction molle et prolixe d’Amédée Pichot qui, au dix-neuvième siècle, plus fameuse que la sienne, bénéficia d’innombrables éditions. Certes, j’en eusse lu quelques pages, mais j’avais quinze ans et je pense que je n’aurais pas eu la patience d’aller plus avant.

Quand j’acquis à la librairie Vrin, place de la Sorbonne, les quatre volumes des Œuvres complètes de Byron traduites par Benjamin Laroche aux éditions Hachette8, je fus tout de suite captivé. Peut-être parce que ce fut Manfred que l’adolescent écorché vif que j’étais alors eut la chance de lire en premier :
« Dès ma jeunesse, mon esprit ne marchait pas avec les âmes des hommes et ne regardait point la terre avec des yeux humains. La soif de leur ambition n’était pas la mienne ; le but de leur existence n’était pas le mien : mes joies, mes chagrins, mes passions, mon génie, tout faisait de moi un étranger. »

Ces mots me bouleversèrent comme, deux ou trois ans plus tard, allaient me bouleverser ces mots de l’homme souterrain de Dostoïevski : « Je constatais que je ne ressemblais à personne et que personne ne me ressemblait. Je suis seul, tandis qu’eux ils sont tous, me disais-je.9 »

J’avais souvent vu dans la bibliothèque de mes parents une édition des œuvres de Byron en anglais, elle aussi en quatre tomes : The Complete Works of Lord Byron, Baudry’s European Library, Paris, 1835. Je m’en emparais et, au fur à mesure que je progressais dans la traduction de Benjamin Laroche, je comparais celle-ci au texte original, prenais les premières notes que j’utiliserai plus tard pour écrire ma Diététique :
«[…]. From my youth upwards
My spirit walk’d not with the souls of men,
Nor look’d upon the earth with human eyes ;
The thirst of their ambition was not mine ;
My joys, my griefs, my passions, and my powers,
Made me a stranger. [...]10 »

Goethe était enchanté de la traduction de son Faust par Nerval ; Schopenhauer de celle du Monde comme volonté et comme représentation par Burdeau. Si Byron avait vécu assez longtemps pour découvrir celle de Laroche, le byronien fervent que je suis est convaincu qu’il en aurait été heureux.

Si j’éprouvai illico une vive admiration pour Benjamin Laroche, ce ne fut pas uniquement pour ses qualités de traducteur. Je fus ému, enthousiasmé par la ferveur et le courage avec lesquels il prend la défense de Byron criblé d’anathèmes par les quakeresses qui lui font grief de l’immoralité de sa vie et de ses livres. En 2016, les artistes - qu’ils soient écrivains, cinéastes, peintres, photographes, sculpteurs - s’inquiètent à bon droit de l’ordre moral qui depuis quelques années s’impatronise de l’entière planète ; mais Benjamin Laroche est là pour nous rappeler qu’être un esprit libre, oser mettre son cœur à nu, faire un pied de nez au Politically Correct, déjà en 1816, voilà juste deux siècles, ce n’était pas de la tarte.

Exilé depuis 3 ans, Byron, à propos de ses contemporains qui jugent un écrivain à l’aune de sa moralité ou de sa prétendue immoralité, écrit de Venise à John Murray le 25 janvier 1819 :
« Quant au Cant du jour je le méprise, comme je l’ai toujours fait des autres ridicules fashions. Si l’on admet cette pruderie, il faut mettre sous le boisseau la moitié de l’Arioste, de La Fontaine et de Shakespeare11. »

Un byronien passionné, Gustave Flaubert, qui n’a jamais perdu une occasion de publier tout ce qu’il doit à Byron, enfonce le clou lorsque le 16 février 1860 il écrit à Guy de Maupassant :
« Ce qui est beau est moral, voilà tout et rien de plus. La poésie, comme le soleil, met de l’or sur le fumier. Tant pis pour ceux qui ne le voient pas. »

Sur ce thème, le plus éloquent est Benjamin Laroche et ce fut avec délectation qu’adolescent je lus sa notice sur la vie de Byron qu’il plaça au début du premier des quatre tomes de sa traduction :
« Tel est l’ensemble de cette vie que les puritains britanniques, que les pharisiens de tous les pays ont tant calomniée […]. Aujourd’hui encore les préjugés qui le poursuivirent vivant, continuent à planer sur sa tombe […] Mais c’est à propos de Don Juan surtout, de ce poème inimitable dont rien jusqu’alors n’avait offert le modèle, et où le génie de Byron sème à pleine main tous ses poétiques trésors, c’est à propos de cette composition sans égale dans les littératures anciennes et modernes, que l’acharnement des ennemis de ce grand homme a redoublé. Nous étions en Angleterre quand les premiers chants de Don Juan parurent dans le Libéral, nous nous rappelons encore les exclamations hypocrites de la pruderie anglaise à son apparition. Les femmes surtout se signalèrent dans cette croisade de la médiocrité jalouse contre une œuvre de génie ; toutes le lisaient avidement ; aucune n’eût osé avouer cette lecture. La Société pour la suppression du vice fulminait ses réquisitoires et menaçait de poursuivre les publicateurs. »

Obnubilés par notre propre destin, nous croyons avoir l’infortune de vivre à l’époque la plus bête de l’histoire de l’humanité, un temps où les oukases des ligues de sycophantes glabres se conjuguent aux fatwas des califes barbus ; mais l’accueil fait à Byron par les bien-pensants, que nous remet en mémoire Laroche, nous persuade qu’il n’en est rien et que la bêtise cafarde est un increvable phénix. Benjamin Laroche fortifie notre conviction que Byron, ses livres, l’enivrant souffle de liberté qui les anime, cet ambigu de mélancolie et d’énergie vitale qu’incarne le byronisme sont plus que jamais actuels, nécessaires.

Quand je songe à Benjamin Laroche j’éprouve la même émotion tendre que lorsque je songe à Teresa Guiccioli : l’un et l’autre lui demeurèrent fidèles par-delà le tombeau, l’un et l’autre le défendirent bec et ongles contre les fielleuses petitesses des épigones jaloux style Lamartine, et le dévoué traducteur aurait le droit de faire sien l’amoureux Mio Byron prononcé par la jeune femme dans le salon vénitien de la comtesse Marina Querini Benzoni. Oui, une émotion tendre, je ne saurais mieux dire.
Dans la précieuse et savante étude que Denis Feignier lui consacre, les lecteurs de Byron découvriront les nombreuses autres raisons qu’ils ont de témoigner à Benjamin Laroche leur estime et leur sympathie. Ici, j’ai voulu dire brièvement les miennes.

Gabriel Matzneff
Bulletin de la Société française des études byroniennes, 2016

1: Gabriel Matzneff, Monsieur le comte monte en ballon, Editions Léo Scheer, Paris, 2012.

2: Etudes sur le Songe de Scipion par Pierre Boyancé, Féret et Fils éditeurs, Bordeaux, 1936.

3: Lucrèce, De rerum natura, Les Belles Lettres, Paris, 1955.

4: Œuvres complètes de Sénèque, collection Nisard, Firmin-Didot, Paris, 1877.

5: Œuvres complètes de Lucien de Samosate, Hachette, 1874.

6: Les vies des hommes illustres de Plutarque, Dufour et Roux, Maëstricht, 1778.

7: Trois contemporains, Héraclite, Parménide, Empédocle par Yves Battistini, Gallimard, Paris, 1955.

8: Œuvres complètes de lord Byron traduites par Benjamin Laroche, Hachette, Paris, 1847.

9: Dostoïevski, Notes du sous-sol.

10: Byron, Manfred, acte 2, scène 2.

11: Lire la citation complète dans le sixième volume de Byron’s Letters and Journals, John Murray, London, 1976, page 95.

78 - Le 03/10/2017 par 77 bis

1. http://leoscheer.com/spip.php?article2319

79 - Le 20/11/2017 par chanyuan

chanyuan2017.11.21

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