Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Une bibliothèque de poche

Chronique du 28/01/2018

Chères jeunes lectrices, chers fidèles lecteurs,

Dans ma chronique précédente, intitulée « Rentrée littéraire », je présente mes livres parus en 2017 et que, j’ose l’espérer, se trouvent aujourd’hui sur les rayons de vos bibliothèques : le recueil d’essais chez Stock, Un diable dans le bénitier ; le recueil de poèmes au Sandre, Les Eaux du Léthé ; le nouveau tome de journal intime, La jeune Moabite, chez Gallimard.

Pour ce qui regarde les poèmes, le tirage est réduit à l’extrême : cent-dix exemplaires ! Les Eaux du Léthé sera vite épuisé, et introuvable (comme le sont Douze poèmes pour Francesca et Super flumina Babylonis). N’attendez pas les fêtes de Pâques pour l’acheter.

Si l’acquisition de ces trois livres ne vous a pas ruinés, s’il reste encore quelques sous dans votre porte-monnaie, je vous recommande en ce premier trimestre 2018, dans la collection de poche La Petite Vermillon, la réédition, ornée d’une nouvelle couverture et augmentée d’une préface inédite, de Maîtres et complices.

Maîtres et complices est l’un des deux livres que j’aurai consacrés à ceux de mes prédécesseurs qui, dans mon adolescence, m’aidèrent à me connaître, à devenir celui que je suis : le premier, paru en 1984, est La Diététique de lord Byron (collection Folio, n° 1907) ; le second, paru en 1994, Maîtres et complices (La petite Vermillon, n° 100). Ce sont deux livres où je me suis avec ferveur, enthousiasme, livré à cet exercice délicieux qu’est l’expression de ma reconnaissance, de mon admiration.

L’admiration est avec l’amour un des sentiments plus rapicolants qu’un être humain puisse éprouver. Souvent d’ailleurs ils se conjuguent. J’ai souvent observé que pour aimer un homme, une femme a besoin de l’admirer ; que si fort soit leur accord sensuel, si intense leur vie amoureuse, une femme qui cesse d’admirer l’homme qu’elle aime s’en éloigne et, pour douloureuse que soit cette décision, décide assez rapidement de rompre. Nous, les hommes, nous sommes plus circonspects, c'est-à-dire, soyons clairs, plus lâches. Avant de divorcer de notre femme, ou de quitter une maîtresse, nous temporisons. J’ai, dans mes romans, par le truchement de mes personnages, beaucoup écrit sur ce thème, je n’y reviens pas ici, c’était une simple parenthèse.

L’admiration, le plus généreux, nécessaire, des sentiments. Picasso ne perd pas une occasion de dire ce qu’il doit à Velasquez, à Ingres, à Delacroix ; les cinéastes de la Nouvelle Vague noircissent des pages et des pages sur leurs maîtres bien-aimés, Fritz Lang, Raoul Walsh, Nicholas Ray, Ernst Lubitsch, Billy Wilder, Joseph Losey, d’autres encore.

Les uns et les autres, ils s’inscrivent dans une lignée, cette lignée ils en sont fiers et ne se croient pas moins originaux pour autant.

Mes éveilleurs sont présents dans tous mes essais : songez aux pages sur Alexandre Dumas dans Yogourt et yoga, à celles sur Galiani dans Un diable dans le bénitier. Toutefois, c’est dans Maîtres et complices que je déroule mon arbre généalogique de la façon la plus complète.

Chacun de nous a, je l’espère, sa bibliothèque idéale intime. Voici la mienne. Elle est réduite, tient dans une valise. C’est mon précieux viatique.

Gabriel Matzneff
www.matzneff.com
27 janvier 2018


Commentaires

1 - Le 28/01/2018 par Lecteur fidèle impatient

Chic alors ! Car malgré que commandé il y a peu et déjà en route, je me doutais bien, l'espérais, qu'il y aurait une nouvelle préface à ce bel ouvrage essentiel. Maîtres et complices devraient figurer dans la liste des livres à lire imposée aux écoliers par les bons profs de français et de littérature. Un de mes livres préférés, en tout cas, et qui mériterait un joli Prix littéraire. Voire à posteriori !

2 - Le 28/01/2018 par Vermillon n°100

Oui. Voir l'URL sous ma tête.

3 - Le 29/01/2018 par Oui et non

Car il s'agit d'une rareté bibliographique - lien ci-dessus. Je vais chercher pour vous, tout en doutant que les détenteurs seraient d'accord de de se séparer de leur exemplaire numéroté. 17:01

4 - Le 29/01/2018 par Jeune lectrice Mariya

Merci! Ce serait beau d'avoir cet exemplaire sur mon étagère.Je regarde que j'ai "Cyrano de Bergerac", la première édition de 1898, et je me souviens que Rostand est un endroit particulier pour des héros principales dans "Ivre du vin perdu". Ce serait vraiment la splendeur bibliographique...

5 - Le 29/01/2018 par J'admire

Tout simplement : j'admire Gabriel Matzneff et Jean Cocteau et pour la première fois (il me semble), Gabriel M. cite Cocteau dans ses lectures ( La jeune Moabite) j'en suis ravi !!
"Jeune lectrice Mariya" je possède l'édition des "douze poèmes" dont vous parlez, signé à la publication puis dédicacé lors d'un récent salon des livres de Paris mais comme le dit "oui et non" impossible de m'en séparer !
désolé...

6 - Le 29/01/2018 par Vieille lectrice

En attendant, Jeune lectrice, vous pourriez, si ce n'est déjà fait, agrémenter votre précieuse bibliothèque d'un exemplaire du récent recueil de ses poèmes subtilement érotiques - Les eaux du Léthé, cf lien URL dessous ma tête - numérotés également (de 1 à 100). J'ai lu sur le présent site qu'il en resterait quelques exemplaires. Tiotia B.

7 - Le 30/01/2018 par Pierre-Yves

Une rapide recherche sur les sites marchands (PriceMinister, pour être précis) vous permettrait, très chère jeune lectrice, de découvrir que pour la modique somme de 90 euros un exemplaire des douze poèmes pour Francesca vous tend les bras. Rien ne vaut les œuvres complètes d’un écrivain cher à notre cœur, Gabriel Matzneff le martèle à juste titre. Je ne céderai jamais mon exemplaire sur papier de Chine et ne regrette en rien ma récente acquisition des Eaux du Léthé. Puisqu’il semble être de coutume d'annoncer son exemplaire, je suis l’heureux détenteur du numéro 12, me rappelant ainsi le jour de naissance de qui vous savez.

8 - Le 31/01/2018 par Romarine

Cher Pierre-Yves, vous devez être un sacré veinard de première. Quand à moi, un peu curieuse je suis de savoir qui alors détient le numéro XII ou le 36. Dans le monde de l'art (sic), du moins celui de la peinture contemporaine, il est de bon usage, paraît-il, de connaître le nom des détendeurs d'une œuvre bien particulière. Ce à quoi, soudain, la Jeune lectrice Marya du (3) me fait songer.

N.B. En aparté... J'ai même ouï dire qu'une retardataire qui était en voyage - à Spa, cela ne s'invente pas ! - au moment de la souscription, n'aurait pas détesté entrer en possession de l'exemplaire numéro 1, en chiffres romains. Et si ma mémoire trop ne défaille, le numéro que détient l'heureuse lectrice, matznévienne pur sucre, serait en possession du précieux exemplaire trinitaire numéro III. Ce qui ne s'invente guère non plus pas... 17:29'

9 - Le 04/02/2018 par L'assistante du webmestre

Gabriel Matzneff, qui a lu les commentaires ci-dessus, me charge de vous dire qu'il se réjouit de cet enthousiasme. Les éditeurs renoncent souvent aux grands papiers, aux éditions originales numérotées sous le prétexte que les bibliophiles formet une espèce en voie de disparition. Ces témoignages de jeunes bibliophiles à propos de "Douze poèmes pouir Francesca" et de "Les Eaux du Léthé" prouvent que c'est inexact. Bibliophilie pas morte !

10 - Le 05/02/2018 par Marie-Elisabeth

Chère Assistante du Webmestre (n° 10), Les bibliophiles ont raison de rechercher l'édition originale tirée à un nombre infime d'exemplaires de "Douze poèmes pour Francesca", paru en 1978 chez l'éditeur Alfred Eibel,, mais à la lectrice qui désire seulement posséder le texte, je signale que la deuxième édition, publiée en 1984 à La Table Ronde, et tirée à un nombre d'exemplaires beaucoup plus élevé, donc plus facile à dénicher, comporte non seulement les douze poèmes de l'édition 1978 mais qu'elle est augmentée de trente poèmes inédits, d'ue préface et d'une postface. A posséder absolument ! Une édition qui, elle aussi (note à l'attention des bibliophiles), a droit à vingt grands papiers sur Vélin chiffon de Lana.

11 - Le 05/02/2018 par Marie-Elisabeth

Chère Assistante du Webmestre (n° 10), Les bibliophiles ont raison de rechercher l'édition originale tirée à un nombre infime d'exemplaires de "Douze poèmes pour Francesca", paru en 1978 chez l'éditeur Alfred Eibel,, mais à la lectrice qui désire seulement posséder le texte, je signale que la deuxième édition, publiée en 1984 à La Table Ronde, et tirée à un nombre d'exemplaires beaucoup plus élevé, donc plus facile à dénicher, comporte non seulement les douze poèmes de l'édition 1978 mais qu'elle est augmentée de trente poèmes inédits, d'ue préface et d'une postface. A posséder absolument ! Une édition qui, elle aussi (note à l'attention des bibliophiles), a droit à vingt grands papiers sur Vélin chiffon de Lana.

12 - Le 07/02/2018 par Parascève G.K. (°)

(°) Nouvelle fan du jeune et impétueux président Emmanuel Macron. Lequel, de temps à autre, je ne puis m'empêcher de soupçonner de s'être penché, discrètement, sur l'œuvre de Gabriel Matzneff avant la lettre. Pour ma part, je voudrais confier à l'assistante dévouée de Frank Laganier, que bibi aussi détient un trésor bibliophilique que même sous la torture, jamais je ne me séparerai-s. Mais c'est un secret...

13 - Le 07/02/2018 par Incise *

Matzneff, un être éternellement courageux et pareil à lui-même *.
Bravo !

14 - Le 08/02/2018 par Marie-Elisabeth

Ce matin, dans son émission quotidienne sur la chaine télévisée CNews, Pascal Praud a parlé de Gabriel Matzneff comme d'un très grand écrivain, "le plus grand styliste français vivant". Voilà pour une matznévienne, par ces temps de neige et de glace, des paroles qui réchauffent le coeur !

15 - Le 08/02/2018 par Jalon

Oh ! que oui ! Sauf que Pascal Praud n'a fait que confirmer ce qu'un grand nombre de confrères, et des plus notoires, n'ont jamais ignoré, tout en gardant le secret... Sans oublier qu'indépendamment de l'alchimie de son style à nul autre pareil, la modernité de Gabriel Matzneff, de par son essence pionnière, car doté d'une intense sensibilité, témoigne - il suffit d'observer l'absurdité de nos actualités - à quel point il fut, est, depuis plus d'un demi-siècle, en avance sur le temps passé qui passe. C'est très impressionnant.

16 - Le 09/02/2018 par Insomniaque

Oui, je pense aussi que Gabriel Matzneff, ce grand amoureux devant l'éternelle Éternité... a toujours eu l'humilité aristocratique de savoir rendre hommage à ses Maîtres de cœur, de sang et d'esprit. Il n'est peut-être pas sot ni vain, d'imaginer que du haut de leurs urnes ses nobles Complices le lui rendent bien ? VNL S. 01/57

17 - Le 13/02/2018 par Voyons

Pour les urnes, les Maîtres suffisent, voyons !

18 - Le 15/02/2018 par Ultraman

Henry de Montherlant.

19 - Le 15/02/2018 par Rumeur

Concerne : bonnes nouvelles matznéviennes.

Bonsoir, la dévouée assistante du non moins dévoué webmestre du site consacré à Gabriel Matzneff depuis de nombreuses années, pourrait-elle avoir l'obligeance de bien vouloir confirmer que le meilleur ambassadeur de la langue française, encore en vie, fera de plus belle l'honneur à la librairie Le Chapitre XII à Bruxelles, patronnée par Madame Monique Toussaint, d'y être présent très prochainement ? Une aubaine !

20 - Le 15/02/2018 par NOTA BENE

Un lien (URL) ci-dessus, destiné au nouveaux arrivés.

21 - Le 15/02/2018 par Un autre

22 - Le 16/02/2018 par Les mots à la bouche

Un succulent repas avec notre cher Gab la Rafale vous attend. Cliquez et régalez-vous !

23 - Le 16/02/2018 par Merci infiniment..

24 - Le 18/02/2018 par Anonyme

"le plus grand styliste français vivant"

Ce n'est pas vraiment exact. Le style de Matzneff est hyper-classique, clair et sobre, c'est tout. Rien d'original, sinon quelques provocations à bon marché dont personnellement j'arrive à me passer, mais admettons.

25 - Le 18/02/2018 par cher @ 24

J'ai peut-être tort ; mais c'est ce que je ressens. Vous avez avez raison quant à la clarté et la sobriété. Mais cette simplicité de style est tellement débordante de profonde culture, de références et peut selon moi ou d'autres lui donner cette particularité si étonnante et élégante. Je lis actuellement "la diététique de Lord Byron". Ca jaillit de toutes parts

26 - Le 18/02/2018 par Effervescence !

À la noble ville de Bruxelles, via la très jolie librairie, Le Chapitre XII, proche des étangs d'Ixelles. Car le mardi 6 mars 2018 à 18 heures 30 minutes précises, elle partagera l'honneur de recevoir Gabriel Matzneff qui se prêtera, de plus belle, à un entretien mené par Madame Monique Toussaint, la patronne, suivi, selon l'usage, d'une signature.

27 - Le 18/02/2018 par Chic alors !

Je dirais même plus... Il s'agit d'une nouvelle épatante !

28 - Le 18/02/2018 par XXVI

À 25. Vous m'ôtez, pour ainsi dire, quasi les mots de la bouche... (cf. le lien en URL). Je partage entièrement votre avis, car La diététique de lord Byron - je viens de relire quelques chapitres itou - est un chef-d'œuvre absolu dans le genre. Lequel ouvrage, sachant à quel point Gabriel Matzneff fut toujours en avance sur son époque - pour s'en convaincre, il suffit de se pencher sur les airs du temps présent - ne pourra que faire date un beau jour grâce à un fil tissé par l'amour d'un visionnaire.

29 - Le 19/02/2018 par Véra S de Bruxelles

À Rumeur. Votre commentaire # 19. Si vous faites un clic de souris sur ma caboche - cf. l'URL de l'onglet Infos - vous allez découvrir que le fidèle webmestre, Frank Laganier, a fait le nécessaire et tenu ses promesses selon son habitude.

30 - Le 19/02/2018 par Golf

En tout cas, il est impératif que la prochaine visite de Gabriel Matzneff à Bruxelles, en ce mardi 6 mars 2018 à la librairie du Chapitre XII, dirigée par la princesse Monique Toussant, à 18 heures trente minutes précises, soit une réussite totale à tous les égards. Il en va, ne l'oublions pas, de l'honneur que la talentueuse et très singulière personne, en l'occurrence Gabriel Matzneff, ait eu l'humilité intrinsèque d'aimer la non moins singulière Belgique, grâce à Georges Rémy, alias Hergé ou Tintin, qu'en son temps il refusa de déculotter...

31 - Le 19/02/2018 par Perplexe

@ Anonyme. Votre commentaire numéro 24 du 18/02/2018. Permettez-moi de ne pas du tout être d'accord avec vos propos réducteurs concernant un classicisme de base que, selon moi, est probablement indispensable quant à l'évolution d'une écriture qui serait libérée de ses carcans académiques pour avancer, tel que ce fut, je ne vous apprends rien, le cas en peinture, par exemple. Mais aussi pour la musique et la danse. Etc. Bref, pour vous convaincre que vous êtes complètement à côté de la plaque, je ne puis que vous inviter à lire, par exemple, un roman tel que Isaïe réjouis-toi, un roman saisissant publié en 1974 (!) et dont, faites-moi confiance, la modernité ne pourra que vous surprendre. D'autre part, je vous signale que Gabriel Matzneff est passé maître en divers néologismes propres aux écrivains libres et inventifs. Que ce soit son "émile" ou le verbe "labyrinthiser" qu'il conjugue allègrement dans La Jeune Moabite. Mais j'en passe !

32 - Le 19/02/2018 par Anonyme

@31 N'est-ce pas vous qui êtes à côté de la plaque ? Je me pose sincèrement la question, car mon jugement était des plus sereins. J'ai lu Isaïe réjouis-toi, et ça ne m'avait pas semblé du "moderne", mais du "laisser-aller", du brouillon. Quant aux néologismes que Matzneff inventerait à profusion, vous repasserez. Comme ridicules, on ne fait pas mieux. C'est vieux jeu comme tout. Alors, un grand style ? Certes non. Un style plat, laborieux, mais qui avance, c'est le seul succès que je lui accorderai. Bien à vous. Anonyme.

33 - Le 21/02/2018 par Pardon ?

Concerne : #32. Heureusement, comme le disait autrefois un vieil adage, que la nuit porte conseil. Et qu'il peut aussi arriver quelquefois d'opter pour le profit de l'indifférence, au détriment de fâcheries stériles et de rancunes tellement nuisibles pour le foie et la mauvaise foi.

Bref, "un style plat et laborieux", Gabriel Matzneff, affirmez-vous ? Tiens voilà encore autre chose... C'est à tomber à la renverse ! Mais bon, c'est votre droit le plus strict ou légitime de préférer le minimalisme affolant du style rap (...) émotionnel, sans plus, en train d'envahir la mappemonde littéraire, et en TGV, s.v.p ! Pour ce qui me concerne, en tout cas, avec un écrivain tel que Gabriel Matzneff, au moins le lecteur quidam ou pas apprend toujours quelque chose. Quitte à devoir consulter de temps à autre (laborieusement ?) un bon dictionnaire.

P.S. Juste une autre question. Avez-vous lu d'autres romans de Gabriel Matzneff ? De Ivre du vin perdu, par exemple, publié en 1981 à La Table Ronde, vous en pensez quoi ? 12/21 à 15:33'

34 - Le 21/02/2018 par Oui

C'est en effet renversant ! Mais qu'en pense-pensera la jeune grosse Lectrice de Gab la Rafale ? ♫ ♫ ♫ https://www.youtube.com/watch?v=2D-5lR1-x6c

Signé : La-souris-curieuse-qui-sourit.

35 - Le 21/02/2018 par Des racines et des ailes

Parodie à l'attention de l'Anonyme (il ou elle) du # 34.

"Bon ! se dit Chester, j'ai souvent lu et entendu de petits merdeux envieux ou prétentieux dérouler d'ineptes contrevérités à l'encontre de Gab la Rafale, mais qu'un ponte d'une chaîne littéraire franco-belge se permette de mettre en doute la virtuosité stylistique de Gabriel Matznneff est la chose la plus stupide que j'ai rencontrée de ma vie !"

36 - Le 22/02/2018 par Marie-Elisabeth

Que Matzneff ait un amour de la langue française, de sa grammaire, de sa syntaxe, c'est clair et il s'en explique lui-même dans le chapitre consacré à l'écriture dans "Les Passions schismatiques" (éditions Léo Scheer, 2005), mais celles et ceux d'entre nous qui ont lu son roman "Isaïe réjouis-toi" savent que prétendre qu'il est prisonnier du français classique est une énorme connerie.
"Isaïe réjouis-toi", et aussi son journal intime, si libre de rythme et de ton, ses poèmes "Les Eaux du Léthé"( éditions du Sandre, 2017).

37 - Le 22/02/2018 par Oui !

Je dirais même plus... Le propos malveillant du sombre, suffisant et très ennuyeux Anonyme au 32, est carrément extravagant. (Décidément, il a vraiment raté l'occasion de la boucler). Quant au style étincelant au rythme volcanique du nouveau-né, Journal 2013-2016, La Jeune Moabite, édité à la nrf récemment, pour ma part, je plains souverainement (...) ceux qui ne l'ont lu que superficiellement ou trop ... vitement.

38 - Le 22/02/2018 par POST-PARTUM

À Marie-Élisabeth. Votre # 36. Outre celui de Léo Scheer en 2005, j'ai en ma possession Les passions (*) schismatiques - une rareté bibliographique - de l'édition sortie en septembre 1991 à la Bibliothèque Stock, sous la direction de Jean-François COLOSIMO. Le volume est orné, en page de couverture, du détail d'un portait de Gabriel Matneff peint par Kubra.
(*) Curieusement sans majuscule à passions. (Ce qui n'a pas empêché le célèbre critique, Pol Vandromme, d'en ajouter une - cf la 4e de couverture.

39 - Le 23/02/2018 par Marie-Elisabeth

Le n° 38 a raison, je n'indiquais au n° 36 que la dernière édition qui réunit en un seul volume Les Moins de seize ans et Les Passions schismatiques et est augmentée d'une préface inédite : aux éditions Léo Schérer, 2005, c'est l'édition aujourd'hui disponible en librairie, la plus complète.

40 - Le 24/02/2018 par Mirabilis

Mais n'y aurait-t-il donc personne qui pourrait damer le pion au trublion (I) de l'asesque-hué Anonyme du numéro 32 et lui remonter une bonne fois les bretelles ? Il ou elle me reste sur l'estomac depuis le 19. Envie folle de le ou la trucider !

I. Un mot créé par Anatole France, comme chacun sait (...)

41 - Le 24/02/2018 par Pedro

Damer le pion au trublion ? Lui remonter les bretelles ou le trucider ? Et pourquoi donc ? Parce qu'il a raison ?
Il y a plus de trente que la vérité a été énoncée, par Matthieu Galey dans son journal, sur le style du maître Gabriel : "Matzneff, Léon Bloy de poche, dilettante et polémiste de droite, armé de latin et d'autosatisfaction, c'est un modèle qu'on ne suit plus en littérature. Soldé, il va passer directement du fond de tiroir chez l'antiquaire. Sa seule chance de survie: c'est le rossignol qui se mue le mieux en objet d'art"...

42 - Le 25/02/2018 par Armé de latin ?

Il a eu raison de s'en pourvoir Monsieur Matzneff. C'est un blindage invincible et une réplique sans pareille quant à l'agilité intellectuelle (je n'ai pas eu la chance de réussir en cette matière).Fondé sur le passé, nos racines,il ne peut servir que l'avenir. Regardons Blaise Pascal,le grand mathématicien

43 - Le 25/02/2018 par Pas d'accord

mais pas d'accord du tout, c'est un très bon roman, "Isaïe réjouis-toi". La construction est d'une grande virtuosité : dans une même phrase, on peut avoir un récit objectif à la troisième personne et un point de vue subjectif à la première personne (placé entre parenthèses). Et puis Nil est ici plus enraciné dans la réalité qu'il ne l'est dans d'autres romans. Ainsi, alors qu'il sera oisif dans "Ivre du vin perdu" ou "Harrison Plaza", là, il a un métier, il est écrivain.
J'apprécie aussi que le personnage de Véronique ne soit pas présenté de façon caricaturale. Ses idées, sa conception de la vie, ses arguments dans le conflit qui l'oppose à Nil sont très bien exposés, l'auteur ne donnant pas systématiquement le beau rôle à ce dernier. À tel point que plusieurs de mes amies, en lisant ce roman, ont totalement pris parti pour Véro. Ce qui prouve l'honnêteté ainsi que le talent de romancier de Gabriel Matzneff.

44 - Le 25/02/2018 par Ci-joint..

un article élogieux et très récent qui célèbre la beauté de style de Monsieur Matzneff

45 - Le 25/02/2018 par Hervé

Très bel article, en effet.

46 - Le 26/02/2018 par Vitaminis B (*)

Depuis le 18 février 2018, je ne cache pas que je suis, mêmement,ex-trê-me-ment (...) - incommodée, contrariée par les propos réducteurs, voire un tantinet malveillants et prétentieux (?) de l'Anonyme du numéro XXIV. Car l'alchimie mystérieuse qui génère le style propre à Gabriel Matzneff fait qu'il est charnellement inimitable (**).

(*) cf URL
(**) cf la saga de l'administrateur des Bernardins...

N.B. En un mot comme en cent, je pense profondément que le style incarné de son écriture témoigne que Gabriel Matzneff a ce nous appelions autrefois "une chouette mentalité" ! À suivre.

47 - Le 28/02/2018 par Anonyme

Merci à Pedro de nous avoir cité ce passage du Journal de Matthieu Galey à propos de l'inénarrable Matzneff. Galey était une pointure de la critique, un grand lettré et un parfait visionnaire. Il ne s'est pas trompé sur le style surfait de l'auteur d'Isaïe réjouis-toi. Il l'a percé à jour... n'en déplaise aux commères du blog.

48 - Le 28/02/2018 par Lulu

Matzneff habillé pour l'hiver par Matthieu Galey, merci à Pedro :

"Matzneff, Léon Bloy de poche, dilettante et polémiste de droite, armé de latin et d'autosatisfaction, c'est un modèle qu'on ne suit plus en littérature. Soldé, il va passer directement du fond de tiroir chez l'antiquaire. Sa seule chance de survie: c'est le rossignol qui se mue le mieux en objet d'art".

49 - Le 28/02/2018 par Une seule édition

s'il vous plait.Nous ne sommes ni aveugles et sourds. C'est valable pour chaque protagoniste d'opinion divergente. La surenchère en devient lassante et inutile. Une fois, c'est bien. Ne trouvez-vous pas ? même si la critique est nécessaire et intéressante pour le débat.D'autant plus que l'accès à ce site est entièrement libre. La contradiction est toujours digne de réception

50 - Le 28/02/2018 par Objection !

Votre Honneur (47). Vous savez ce qu'elles vous disent les commères du blog ?

51 - Le 01/03/2018 par Ermine

Mathieu Gallay, que le monde littéraire appelait Moitié Galeux, était un raté, un aigri, qui a passé sa vie à déverser son fiel, surtout sur ceux de ses contemporains qui avaient un talent infiniment supérieur au sien. Lorsque les éditions Grasset on publié son journal ils ont coupé les horreurs qu'il y disait sur les auteurs Grasset, ne gardant que celles concernant les auteurs publiés dans les autres maisons.

52 - Le 01/03/2018 par Anonyme

N'empêche que la collection "Bouquins" a republié il y a peu le Journal de Matthieu Galey in extenso, et que ce livre est apparu aux critiques et aux lecteurs (qui lui font un succès mérité) comme un document littéraire remarquable et de première importance sur la vie intellectuelle de cette époque. Matthieu Galey risque de rester dans les annales grâce à ce livre unique, beaucoup plus que Matzneff malgré le scandale des "Moins de seize ans"... C'est comme ça, n'en déplaise aux commères insolentes du blog.

53 - Le 01/03/2018 par Exodus

À l'Anonyme du dernier commentaire. Ne comptez plus sur les commères, dixit, je vous cite, pour envenimer quoi ? Le débat ? Tu parles !

Quant à Lulu (de Nutella ?) du numéro 48, pour sûr que si il ou elle (*) s'en mêle, il est fort à parier que nous ne sortirons pas de si tôt de l'auberge des Ibères.

(*) La tyrannie ou "les travaux forcés de la galanterie" (...) devrait m'inciter à donner la primauté au sexe dit faible, mais faisant partie d'une génération, révolue sans doute, qui ne se cassait pas la zigounette sur la théorie des genres, du moins en grammaire - ni Dieu ni tyran n'ont de féminin que je sache, et j'en passe - j'estime qu'il de bonne guerre de maintenir le cap. Cela nous éviterait de subir l'horripilant "écri-vaine" des femmes folles au sang de navet.

54 - Le 02/03/2018 par Pedro

Galey fut sans doute parfois aigri mais sa plume fait mouche et sonne juste quand il fixe ses contemporains en quelques mots. C'est d'ailleurs pour cette raison que, comme Léautaud et Bloy, son journal est si apprécié.
Pour Ermine, la majorité des coupes opérées dans les années 80 au moment de la parution du journal de Galey concernent les magouilles entre jurés et maisons d'édition pour l'obtention des prix littéraires. Voir à ce sujet le dernier tome du journal de Jacques Brenner, "La cuisine des prix" (2006)...

55 - Le 02/03/2018 par @ 34

Pensez-vous qu'elle puisse apparaître de nouveau. Je la regrette. Il y avait ce quelque chose d'harmonieux, de musical dans ses commentaires et de pondéré. C'était beau

56 - Le 14/03/2018 par 55

Peut-être a t-elle quitté ce site momentanément ou définitivement. De toute mon âme, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé de fâcheux.Elle comptait beaucoup pour moi.Un rayon de soleil par ses sourires

57 - Le 15/03/2018 par Marie

Je prie à Sainte Clotilde en espérant qu'il ne lui est rien arrivé. Pour une lectrice type de GM un simple rhume peut s'avérer fatal. Et que dire d'une grippe... Bisous mon rayon de soleil fripé.

58 - Le 19/03/2018 par C'est une grande Sainte..

Clotilde. A l'origine de notre Histoire. Toujours ému lorsque j'entends prononcer son nom. "Dieu de Clotilde, si tu me donnes la Victoire.."

59 - Le 13/05/2018 par Si quelqu'un avait des nouvelles..

..infiniment merci pour elles.. (jy)

60 - Le 30/05/2018 par Olaf

Your work is very good and I appreciate you. Thanks for share

61 - Le 31/05/2018 par le problème n'est pas là..

Mon unique préoccupation est de recevoir des nouvelles..(jy)


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