Les Nouvelles Chroniques de Gabriel Matzneff


Une bibliothèque de poche

Chronique du 28/01/2018

Chères jeunes lectrices, chers fidèles lecteurs,

Dans ma chronique précédente, intitulée « Rentrée littéraire », je présente mes livres parus en 2017 et que, j’ose l’espérer, se trouvent aujourd’hui sur les rayons de vos bibliothèques : le recueil d’essais chez Stock, Un diable dans le bénitier ; le recueil de poèmes au Sandre, Les Eaux du Léthé ; le nouveau tome de journal intime, La jeune Moabite, chez Gallimard.

Pour ce qui regarde les poèmes, le tirage est réduit à l’extrême : cent-dix exemplaires ! Les Eaux du Léthé sera vite épuisé, et introuvable (comme le sont Douze poèmes pour Francesca et Super flumina Babylonis). N’attendez pas les fêtes de Pâques pour l’acheter.

Si l’acquisition de ces trois livres ne vous a pas ruinés, s’il reste encore quelques sous dans votre porte-monnaie, je vous recommande en ce premier trimestre 2018, dans la collection de poche La Petite Vermillon, la réédition, ornée d’une nouvelle couverture et augmentée d’une préface inédite, de Maîtres et complices.

Maîtres et complices est l’un des deux livres que j’aurai consacrés à ceux de mes prédécesseurs qui, dans mon adolescence, m’aidèrent à me connaître, à devenir celui que je suis : le premier, paru en 1984, est La Diététique de lord Byron (collection Folio, n° 1907) ; le second, paru en 1994, Maîtres et complices (La petite Vermillon, n° 100). Ce sont deux livres où je me suis avec ferveur, enthousiasme, livré à cet exercice délicieux qu’est l’expression de ma reconnaissance, de mon admiration.

L’admiration est avec l’amour un des sentiments plus rapicolants qu’un être humain puisse éprouver. Souvent d’ailleurs ils se conjuguent. J’ai souvent observé que pour aimer un homme, une femme a besoin de l’admirer ; que si fort soit leur accord sensuel, si intense leur vie amoureuse, une femme qui cesse d’admirer l’homme qu’elle aime s’en éloigne et, pour douloureuse que soit cette décision, décide assez rapidement de rompre. Nous, les hommes, nous sommes plus circonspects, c'est-à-dire, soyons clairs, plus lâches. Avant de divorcer de notre femme, ou de quitter une maîtresse, nous temporisons. J’ai, dans mes romans, par le truchement de mes personnages, beaucoup écrit sur ce thème, je n’y reviens pas ici, c’était une simple parenthèse.

L’admiration, le plus généreux, nécessaire, des sentiments. Picasso ne perd pas une occasion de dire ce qu’il doit à Velasquez, à Ingres, à Delacroix ; les cinéastes de la Nouvelle Vague noircissent des pages et des pages sur leurs maîtres bien-aimés, Fritz Lang, Raoul Walsh, Nicholas Ray, Ernst Lubitsch, Billy Wilder, Joseph Losey, d’autres encore.

Les uns et les autres, ils s’inscrivent dans une lignée, cette lignée ils en sont fiers et ne se croient pas moins originaux pour autant.

Mes éveilleurs sont présents dans tous mes essais : songez aux pages sur Alexandre Dumas dans Yogourt et yoga, à celles sur Galiani dans Un diable dans le bénitier. Toutefois, c’est dans Maîtres et complices que je déroule mon arbre généalogique de la façon la plus complète.

Chacun de nous a, je l’espère, sa bibliothèque idéale intime. Voici la mienne. Elle est réduite, tient dans une valise. C’est mon précieux viatique.

Gabriel Matzneff
www.matzneff.com
27 janvier 2018


Commentaires

1 - Le 28/01/2018 par Lecteur fidèle impatient

Chic alors ! Car malgré que commandé il y a peu et déjà en route, je me doutais bien, l'espérais, qu'il y aurait une nouvelle préface à ce bel ouvrage essentiel. Maîtres et complices devraient figurer dans la liste des livres à lire imposée aux écoliers par les bons profs de français et de littérature. Un de mes livres préférés, en tout cas, et qui mériterait un joli Prix littéraire. Voire à posteriori !

2 - Le 28/01/2018 par Vermillon n°100

Oui. Voir l'URL sous ma tête.

3 - Le 29/01/2018 par Oui et non

Car il s'agit d'une rareté bibliographique - lien ci-dessus. Je vais chercher pour vous, tout en doutant que les détenteurs seraient d'accord de de se séparer de leur exemplaire numéroté. 17:01

4 - Le 29/01/2018 par Jeune lectrice Mariya

Merci! Ce serait beau d'avoir cet exemplaire sur mon étagère.Je regarde que j'ai "Cyrano de Bergerac", la première édition de 1898, et je me souviens que Rostand est un endroit particulier pour des héros principales dans "Ivre du vin perdu". Ce serait vraiment la splendeur bibliographique...

5 - Le 29/01/2018 par J'admire

Tout simplement : j'admire Gabriel Matzneff et Jean Cocteau et pour la première fois (il me semble), Gabriel M. cite Cocteau dans ses lectures ( La jeune Moabite) j'en suis ravi !!
"Jeune lectrice Mariya" je possède l'édition des "douze poèmes" dont vous parlez, signé à la publication puis dédicacé lors d'un récent salon des livres de Paris mais comme le dit "oui et non" impossible de m'en séparer !
désolé...

6 - Le 29/01/2018 par Vieille lectrice

En attendant, Jeune lectrice, vous pourriez, si ce n'est déjà fait, agrémenter votre précieuse bibliothèque d'un exemplaire du récent recueil de ses poèmes subtilement érotiques - Les eaux du Léthé, cf lien URL dessous ma tête - numérotés également (de 1 à 100). J'ai lu sur le présent site qu'il en resterait quelques exemplaires. Tiotia B.

7 - Le 30/01/2018 par Pierre-Yves

Une rapide recherche sur les sites marchands (PriceMinister, pour être précis) vous permettrait, très chère jeune lectrice, de découvrir que pour la modique somme de 90 euros un exemplaire des douze poèmes pour Francesca vous tend les bras. Rien ne vaut les œuvres complètes d’un écrivain cher à notre cœur, Gabriel Matzneff le martèle à juste titre. Je ne céderai jamais mon exemplaire sur papier de Chine et ne regrette en rien ma récente acquisition des Eaux du Léthé. Puisqu’il semble être de coutume d'annoncer son exemplaire, je suis l’heureux détenteur du numéro 12, me rappelant ainsi le jour de naissance de qui vous savez.

8 - Le 31/01/2018 par Romarine

Cher Pierre-Yves, vous devez être un sacré veinard de première. Quand à moi, un peu curieuse je suis de savoir qui alors détient le numéro XII ou le 36. Dans le monde de l'art (sic), du moins celui de la peinture contemporaine, il est de bon usage, paraît-il, de connaître le nom des détendeurs d'une œuvre bien particulière. Ce à quoi, soudain, la Jeune lectrice Marya du (3) me fait songer.

N.B. En aparté... J'ai même ouï dire qu'une retardataire qui était en voyage - à Spa, cela ne s'invente pas ! - au moment de la souscription, n'aurait pas détesté entrer en possession de l'exemplaire numéro 1, en chiffres romains. Et si ma mémoire trop ne défaille, le numéro que détient l'heureuse lectrice, matznévienne pur sucre, serait en possession du précieux exemplaire trinitaire numéro III. Ce qui ne s'invente guère non plus pas... 17:29'

9 - Le 04/02/2018 par L'assistante du webmestre

Gabriel Matzneff, qui a lu les commentaires ci-dessus, me charge de vous dire qu'il se réjouit de cet enthousiasme. Les éditeurs renoncent souvent aux grands papiers, aux éditions originales numérotées sous le prétexte que les bibliophiles formet une espèce en voie de disparition. Ces témoignages de jeunes bibliophiles à propos de "Douze poèmes pouir Francesca" et de "Les Eaux du Léthé" prouvent que c'est inexact. Bibliophilie pas morte !

10 - Le 05/02/2018 par Marie-Elisabeth

Chère Assistante du Webmestre (n° 10), Les bibliophiles ont raison de rechercher l'édition originale tirée à un nombre infime d'exemplaires de "Douze poèmes pour Francesca", paru en 1978 chez l'éditeur Alfred Eibel,, mais à la lectrice qui désire seulement posséder le texte, je signale que la deuxième édition, publiée en 1984 à La Table Ronde, et tirée à un nombre d'exemplaires beaucoup plus élevé, donc plus facile à dénicher, comporte non seulement les douze poèmes de l'édition 1978 mais qu'elle est augmentée de trente poèmes inédits, d'ue préface et d'une postface. A posséder absolument ! Une édition qui, elle aussi (note à l'attention des bibliophiles), a droit à vingt grands papiers sur Vélin chiffon de Lana.

11 - Le 05/02/2018 par Marie-Elisabeth

Chère Assistante du Webmestre (n° 10), Les bibliophiles ont raison de rechercher l'édition originale tirée à un nombre infime d'exemplaires de "Douze poèmes pour Francesca", paru en 1978 chez l'éditeur Alfred Eibel,, mais à la lectrice qui désire seulement posséder le texte, je signale que la deuxième édition, publiée en 1984 à La Table Ronde, et tirée à un nombre d'exemplaires beaucoup plus élevé, donc plus facile à dénicher, comporte non seulement les douze poèmes de l'édition 1978 mais qu'elle est augmentée de trente poèmes inédits, d'ue préface et d'une postface. A posséder absolument ! Une édition qui, elle aussi (note à l'attention des bibliophiles), a droit à vingt grands papiers sur Vélin chiffon de Lana.

12 - Le 07/02/2018 par Parascève G.K. (°)

(°) Nouvelle fan du jeune et impétueux président Emmanuel Macron. Lequel, de temps à autre, je ne puis m'empêcher de soupçonner de s'être penché, discrètement, sur l'œuvre de Gabriel Matzneff avant la lettre. Pour ma part, je voudrais confier à l'assistante dévouée de Frank Laganier, que bibi aussi détient un trésor bibliophilique que même sous la torture, jamais je ne me séparerai-s. Mais c'est un secret...

13 - Le 07/02/2018 par Incise *

Matzneff, un être éternellement courageux et pareil à lui-même *.
Bravo !

14 - Le 08/02/2018 par Marie-Elisabeth

Ce matin, dans son émission quotidienne sur la chaine télévisée CNews, Pascal Praud a parlé de Gabriel Matzneff comme d'un très grand écrivain, "le plus grand styliste français vivant". Voilà pour une matznévienne, par ces temps de neige et de glace, des paroles qui réchauffent le coeur !

15 - Le 08/02/2018 par Jalon

Oh ! que oui ! Sauf que Pascal Praud n'a fait que confirmer ce qu'un grand nombre de confrères, et des plus notoires, n'ont jamais ignoré, tout en gardant le secret... Sans oublier qu'indépendamment de l'alchimie de son style à nul autre pareil, la modernité de Gabriel Matzneff, de par son essence pionnière, car doté d'une intense sensibilité, témoigne - il suffit d'observer l'absurdité de nos actualités - à quel point il fut, est, depuis plus d'un demi-siècle, en avance sur le temps passé qui passe. C'est très impressionnant.

16 - Le 09/02/2018 par Insomniaque

Oui, je pense aussi que Gabriel Matzneff, ce grand amoureux devant l'éternelle Éternité... a toujours eu l'humilité aristocratique de savoir rendre hommage à ses Maîtres de cœur, de sang et d'esprit. Il n'est peut-être pas sot ni vain, d'imaginer que du haut de leurs urnes ses nobles Complices le lui rendent bien ? VNL S. 01/57

17 - Le 13/02/2018 par Voyons

Pour les urnes, les Maîtres suffisent, voyons !

18 - Le 15/02/2018 par Ultraman

Henry de Montherlant.

19 - Le 15/02/2018 par Rumeur

Concerne : bonnes nouvelles matznéviennes.

Bonsoir, la dévouée assistante du non moins dévoué webmestre du site consacré à Gabriel Matzneff depuis de nombreuses années, pourrait-elle avoir l'obligeance de bien vouloir confirmer que le meilleur ambassadeur de la langue française, encore en vie, fera de plus belle l'honneur à la librairie Le Chapitre XII à Bruxelles, patronnée par Madame Monique Toussaint, d'y être présent très prochainement ? Une aubaine !

20 - Le 15/02/2018 par NOTA BENE

Un lien (URL) ci-dessus, destiné au nouveaux arrivés.

21 - Le 15/02/2018 par Un autre

22 - Le 16/02/2018 par Les mots à la bouche

Un succulent repas avec notre cher Gab la Rafale vous attend. Cliquez et régalez-vous !

23 - Le 16/02/2018 par Merci infiniment..


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