Le Dîner des mousquetaires

Le dîner des Mousquetaires

Par Michel Cyprien, Le Généraliste, 19/09/1995

De décembre 1961 et d'un Noël passé à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce aux réflexions inspirées par la disparition de la piscine Deligny et publiées en juillet 1993 dans une chronique du Journal du Dimanche, ce sont plus de trente années que Gabriel Matzneff fait défiler, à travers deux cents chroniques parues dans nombre de journaux, magazines et revues. L'écrivain se fait ainsi le témoin de son époque à travers des événements qui le touchent, pouvant aussi bien parler de politique, de morale ou de religion que de choses réputées plus futiles mais dont on s'aperçoit qu'elles participent pleinement d'un style de vie et d'une approche du monde qui n'appartiennent qu'à lui.

On se régale à lire (ou à relire si l'on en a le souvenir) des textes embrasés et carrément pamphlétaires, où Gabriel Matzneff fait preuve d'une courageuse insolence. Qu'il règle son compte au "patriote super vitaminé Brigneau" dans Déroulède-minute (Combat, 7 août 1964) ou qu'il rende hommage à la religieuse orthodoxe Marie Skobtzoff, morte à Ravensbrück pour avoir sauvé des juifs (le Nouvel Observateur, 17 novembre 1965, Le Monde, 18 novembre 1978), qu'il s'exprime encore dans les Nouvelles littéraires, le Figaro, Globe ou dans les colonnes de notre confrère Impact-Médecin (avec notamment deux belles chroniques sur la Dernière Tentation du Christ, ce film de Scorcese qui avait fait scandale à l'automne 1988), Gabriel Matzneff a toujours le grand mérite d'être lui-même, donc dans le même temps d'enthousiasmer les uns et de choquer les autres. Sa plume vive et acérée, qu'elle se défende ou qu'elle se révolte, fait mouche à tout coup, telle la lame du mousquetaire...

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