Maîtres et Complices

Matzneff paie ses dettes

Par Carole Vantroys, Lire, 01/12/1994

Une fois n'est pas coutume, Gabriel Matzneff délaisse ses Tatiana, Francesca, Vanessa et autres jeunes maîtresses en fleurs. Et c'est à ses "vieux maîtres" (comprenez : les écrivains qu'il admire) qu'il consacre son vingt-troisième livre. Pétrone, Pomponius Atticus, Sade, Byron, Baudelaire, Wilde... les heureux élus de ce panthéon furieusement subjectif sont bien entendu de préférence sulfureux et souvent décriés. Mais le plus "roboratif" de ses enseignements se trouve sans doute dans la connaissance aussi intime que concrète que l'auteur a de ses "maîtres". Ils accompagnent son existence, ils la rythment même. Matzneff part-il en voyage ? Ce ne peut être sans son cher Giacomo (Casanova, bien sûr !) dans la valise. Souffre-t-il de coliques néphrétiques ? C'est auprès d'Epicure ou de Montaigne, atteints du même mal, qu'il cherche secours. Tombe-t-il amoureux ? L'heureuse élue de son coeur se voit instantanément gratifiée du Nietzsche de Daniel Halévy. Bref, l'auteur de La diététique de lord Byron nous rappelle fort justement que la littérature est la plus nourrissante des "diététiques spirituelles". Et si tout cela vous a mis en appétit, il ne vous reste plus qu'à dévorer ce "Matzneff 1994". Un très bon cru !

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