Mes amours décomposés

Brèves

Par Jean Aubert, Pol Vandromme,...,

Lectures, par Jean Aubert, La gazette du Val d'Oise

(...) Un journal. Celui de l'écrivain Gabriel Matzneff dont j'ai déjà présenté en ces colonnes IVRE DU VIN PERDU (Table Ronde). Pour ce journal un titre : MES AMOURS DECOMPOSES (Gallimard) confidence à bâtons rompus sur des liaisons éphémères ou temporaires (qu'est-ce que la durée ? Interrogeons le pendule de Foucault...) associés aux souvenirs des menus actes quotidiens. Un corps toujours interpellé, qui lâche parfois : un "moi" toujours présent, autour duquel tourne la vie. Une vie libertine, voluptueusement partagée. Don Juan serait-il encore vivant ? ...

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L'ange et l'ogre, par Pol Vandromme, L'Express, 9 mars 1990

L'ange Gabriel brûle son encens devant l'icône. L'ogre Gabriel dévore la chair fraîche avec une gloutonnerie allègre.
Doit-on redire après Pascal qu'il y a deux hommes en nous, et s'en tenir là ? On le pourrait, mais on manquerait d'ingéniosité. Mieux vaut imaginer la réponse de l'ogre à l'ange qui l'interrogerait en lui réclamant des comptes : Je suis un prêtre à ma façon, je dispose du pouvoir sacramentel et j'exerce la suprême magistrature, j'initie l'innocence qui me comble en retour, ainsi le plus grave des rites de passage s'accomplit à la perfection et ces plaisirs qu'à la légère on appelle physiques échappent à la censure des mères, ces gorgones.
La vieillesse des initiés commence aux alentours de la seizième année. L'initiateur a toute la vie devant lui, parce que la littérature veille sur sa sécurité.

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Mes amours décomposés, par René Vigo, L'Est éclair, 10 avril 1990

Romancier, essayiste, inventeur des "poèmes de drague" avec une brutalité sensuelle, Gabriel Matzneff est un fleuron de la littérature. Il a déjà publié ses "Carnets noirs" en quatre tomes afin de délivrer ses héritiers "de la tentation de les caviarder ou de les détruire". Voici maintenant dévoilée l'alcôve de ses exploits amoureux au cours d'une période singulièrement dissolue (1983-1984) alors qu'il fut longtemps fidèle à Francesca et Vanessa. Un Don Juan du XVIIIe siècle honore des jouvencelles, des lycéennes, des tendrons dans un concert de flammes et une puissance sexuelle à peine croyable. Des prénoms voltigent comme papillons à travers un arc-en-ciel. Annotations couchées par un comptable éblouissant de la volupté. Style cristallin pour traduire des états d'âme et une guirlande d'aventure ensoleillées, malgré quelques larmes : "Avec mon système, je ne rends les jeunes personnes heureuses que de manière fugace..." Un libertin talentueux passe donc aux aveux. De quoi troubler des lectrices.

Site Gabriel Matzneff - V. 2009 •
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