L'œuvre de Gabriel Matzneff : les Journaux Intimes

Il est certes délicat de publier de son vivant un journal intime aussi impudique que le mien, mais je délivre ainsi mes héritiers de la tentation de le caviarder, ou de le détruire, quand je serai mort. Je n'ai pas envie que mes Carnets noirs subissent le sort des Mémoires de Byron.

Cette camisole de flammes



La Table Ronde
1976


Folio
1989

Résumé

Le lycée, les chevaux, la fac, les amours juvéniles, la solitude, la tentation du suicide, la découverte des maîtres à penser (Dostoïevski, Schopenhauer, Nietzsche), la fascination de la Rome païenne et de la fidélité à l'Eglise orthodoxe, l'amitié avec Montherlant, l'Algérie en guerre, le service militaire, les premiers pas dans la vie littéraire, Cette camisole de flammes, c'est l'adolescence et l'adieu à l'adolescence, l'entrée dans le monde des grandes personnes.
Dans sa préface, Gabriel Matzneff présente ainsi ce premier volume de son journal : "Cette camisole de flammes est le journal d'un adolescent rebelle, d'un jeune homme réfractaire, d'un outsider qui n'allait jamais cesser de l'être, se cher que cela dût lui coûter, car la seule chose que la société ne nous pardonne pas, c'est de ne pas jouer son jeu, c'est de n'être pas conforme. Etre différent, c'est être coupable."

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L'archange aux pieds fourchus



La Table Ronde
1983

Résumé

"63-64, c'est l'époque où j'achève d'écrire Le Défi, qui paraîtra en mars 1965 ; où je retourne en Italie, en Algérie, et, pour la première fois, voyage dans un pays d'Europe orientale : la Tchécoslovaquie stalinienne de Novotny ; où je rencontre mon future éditeur, Roland Laudenbach, et aussi ma future femme, Tatiana Scherbatcheff ; où, grâce à la confiance que me font Henry Smadja, Philippe Tession et Henry Chapier, je donne libre cours dans Combat à mon tempérament de mousquetaire et de frondeur."

Gabriel Matzneff (extrait de la préface)

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Vénus et Junon



La Table Ronde
1979


La Table Ronde
1992
2ème édition

Résumé

Vénus, c'est le donjuanisme, l'inconstance, le libertinage ; Junon, c'est l'aventure du couple, la tentation du mariage, le sacrement de l'amour.
Mais les années 1965-1969, que recouvre ce journal intime, ne sont pas seulement celles où Gabriel Matzenff balance entre la drague, le suicide, le monastère et le mariage : elles sont aussi celles où il publie ses quatre premiers livres, qui font de lui l'écrivain le plus singulier et le plus intempestif de la jeune génération ; où, par son action militante et ses chroniques de Combat, il lutte pour les causes qu'il croit justes, en particulier pour les dissidents soviétiques (qui, alors, ne sont pas à la mode, en France).
"Je suis toujours innocent, et toujours coupable", écrit Matzneff. Pourquoi coupable ? Peut-être parce que trop orgueilleusement schismatique. Mais, si à contre-courant qu'il soit, un artiste n'est jamais aussi dissemblable qu'il se l'imagine, et nombreux seront les jeunes hommes et les jeunes femmes qui se reconnaîtront dans cette histoire d'amour, qui se retrouveront dans les passions contradictoires de Vénus et Junon.

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Elie et Phaéton



La Table Ronde
1991

Résumé

J'avais épousé la femme que j'aimais, je participais intensément à la vie de l'Eglise orthodoxe, j'étais le chroniqueur de Combat, je m'apprêtais à publier mon sixième livre, tout allait bien. Et soudain, la fracture, la chute. Je me prenais pour le prophète Elie montant au paradis, et je n'étais que le présomptueux Phaéton précipité dans l'abîme.
Ces années 1970, 1971, 1972, 1973, sont donc pour moi celles d'une foudroyante crise amoureuse et religieuse ; elles sont également celles où Hussein de Jordanie massacre les Palestiniens, où Youri Galanskov meurt au Goulag, où De Gaulle et Mauriac disparaissent, où Montherlant se suicide.
Elie et Phaéton est le journal intime d'un romancier ; c'est aussi le témoignage d'un homme engagé dans la vie de son Eglise, de son pays, de son temps.

Gabriel Matzneff

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La passion Francesca



Gallimard, Coll. L'Infini
1998

Résumé

"... C'est ainsi que je vous sucerai le coeur et le cerveau, comme on boit du Coca-Cola avec une paille. Jamais vous ne romprez. Je vous donne trop de plaisir. Si vous rompez, je vous rendrai fou. Vous êtes en mon pouvoir, et pour y échapper votre coeur devra saigner des litres et des litres de sang."
La passion Francesca est l'histoire d'un amour fou, de l'assassinat de cet amour fou et de la destruction morale d'un homme par la jeune fille à qui l'unissait cet amour fou.

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Un galop d'enfer



La Table Ronde
1985

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Les Soleils révolus



Gallimard, Coll. L'Infini
2001

Résumé

«1979-1982 sont des années très anciennes, et les débauches auxquelles je m'y livrais appartiennent au passé. Je crois utile de le préciser, car je note chez certains néo-inquisiteurs une curieuse tendance à citer des passages de mes journaux intimes d'il y a vingt ans comme si je venais de les écrire, afin de me réputer pour pécheur endurci. Or si j'ai été un diable, voilà longtemps que je ne le suis plus. D'ailleurs, même au temps de mes diableries, je n'étais pas un mauvais diable. Les femmes qui m'ont aimé le savent, et mes amis, et mes lecteurs aussi. Inconstant, inconséquent, amoral, oui, souvent, trop souvent, et cela me remord, surtout la nuit, quand, invétéré insomniaque, je suis visité par les spectres de ma vie amoureuse, mais un homme méchant, qui fait le mal délibérément, non, je ne l'ai jamais été.»

Gabriel Matzneff

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Mes amours décomposés



Gallimard, Coll. L'Infini
1990


Folio
1992

Résumé

Je publie mon journal intime afin de délivrer les héritiers de la tentation de le caviarder ou de le détruire. Si Dieu m'en donne le loisir, il paraîtra dans son intégralité de mon vivant. Je désire ne laisser aucun posthume.
Mes amours décomposés recouvre une période de mon existence particulièrement dissolue, donjuanesque : c'est le journal intime de ce qu'au XVIIIe siècle on appelait un mauvais sujet.

Gabriel Matzneff

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Calamity Gab



Gallimard, Coll. L'Infini
2004

Résumé

Moi, je resterai dans son souvenir comme une folie absolue, un amour-passion, une nostalgie. Ce n'est déjà pas si mal, quand on sait que la plupart des femmes n'ont aucun souvenir de cet ordre, qu'elles n'aiment pas les souvenirs, qu'elles n'ont ni le goût de leur passé, ni le goût de leur destin, ni - je ne sais plus ce que je voulais écrire, c'était assurément génial, mais je ne sais plus. La vérité est que je suis à moitié paf : le morgon, puis, après le morgon, un merveilleux porto de dix ans d'âge avec le roquefort, et, avant le morgon, une flûte de champagne offerte par le patron, bref, je suis PAFOUZE ("Vous êtes pafouze", me dirait Marie-Elisabeth, c'est un de ses mots), je ne peux plus écrire, tant pis pour mes précieuses pensées dont la postérité est gourmande, tant puis pour la postérité !

Gabriel Matzneff

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La prunelle de mes yeux



Gallimard, Coll. L'Infini
1993


Folio
1995

Résumé

Ce livre aurait pu s'intituler La conversion de Don Juan. On y assiste en effet à la métamorphose d'un homme. On y voit un libertin renoncer à sa vie dissolue, pécheresse, et, grâce à l'amour d'une jeune fille, se transformer en ce qu'il croyait ne plus jamais pouvoir être : un amant fidèle, irréprochable.
Comme la jeune fille - une beauté fatale aux yeux bleus et aux cheveux blonds - n'a que quatorze ans, et que nos amants ont à leurs trousses une meute de citoyens vertueux, un délateur anonyme et la Brigade des mineurs, il doivent pour s'aimer braver bien des périls.

Gabriel Matzneff

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Les Demoiselles du Taranne



Gallimard, Coll. L'Infini
2007

Résumé

Samedi 3 septembre, 20 heures, au Taranne. Hier, obsèques de Guy Hocquenghem. A l'église Notre-Dame-des-Champs j'ai lu l'êpitre de saint Jean (à la demande de Jean-Pierre Mignard et du curé - curieux curé qui, devant une assemblée composée aux trois quart de pédés, s'est cru obligé, dans son prône, de rompre des lances contre l'homosexualité). Après l'absoute, incinération au Père-Lachaise. Tendre présence d'Hélène. Durant l'horrible attente crématoire, sa main pressant doucement la mienne. [...]
Dimanche 4 septembre. A 17 heures, Annah viendra au Taranne, mais auparavant je vois Marie-Elisabeth qui, hier, m'a déposé une très belle lettre d'amour, de tendresse complice, où elle évoque une exposition où nous avions été, jadis, avec Guy Hocquenghem :
"... il y avait une espèce de légèreté dans l'air qui venait de vous deux ensemble..."
En sortant de cette expo (sur Vienne), Guy avait dit : "Bon, maintenant, on est cultivé pour un mois au moins !"

G. M.

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Carnets noirs



Editions Léo Scheer
2009

Résumé

Les Carnets noirs de Gabriel Matzneff sont une œuvre unique, inclassable, qui n’a cessé de susciter admiration et débat, scandale et fascination. Matzneff, en choisissant de ne rien cacher de sa vie, de se montrer à nu, sans masque, a pris tous les risques. Le courage et la liberté se paient au prix fort quand l’ordre pharisaïque tente partout d’imposer sa loi.
Les tomes déjà publiés de ce journal intime couvraient des années anciennes. Aujourd’hui, au nez et à la barbe de ceux qui voudraient le faire taire, des renégates acharnées à effacer les traces de leurs amours, des censeurs dont sans cesse de nouveaux interdits réduisent nos libertés, Gabriel Matzneff, stimulé par un sentiment d’urgence, livre, tant que cela demeure possible, les années les plus récentes de sa vie – cette vie à bout portant que défigurent tant de légendes.
Le temps presse. Bientôt, l’œuvre sera achevée, mais l’élan qui la porte, et fait d’elle l’une des plus singulières de notre époque, est irrépressible : rien ne l’empêchera de s’accomplir.

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Mais la musique soudain s'est tue



Gallimard, Coll. Blanche
2015

Résumé

Avec ses journaux intimes aux titres flamboyants, provocateurs, Un galop d'enfer, Mes amours décomposés, Calamity Gab, Gabriel Matzneff s'est depuis sa jeunesse attiré une fâcheuse réputation de libertin, de mauvais sujet. Trop beau, trop libre, trop heureux, trop insolent, trop de lycéennes dans son lit, ça indispose les honnêtes gens. Le temps passe, irrémédiablement, même pour les plus obstinés polissons. Mais la musique soudain s'est tue est un joli titre. Toutefois, si Billy Wilder ne l'avait pas précédé, Gabriel Matzneff aurait volontiers intitulé Boulevard du crépuscule ce journal intime des années 2009-2013. Certes, il demeure fidèle à ses passions, il est amoureux, il voyage, il a la dalle en pente et un solide coup de fourchette, il combat pour les causes qu'il croit être justes, bref, il aime toujours la vie, mais peut-être, désormais, est-ce la vie qui a cessé de l'aimer.

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La Jeune Moabite



Gallimard, Coll. Blanche
2017

Résumé

Les livres sont écrits, les amours qui en furent les inspiratrices se sont apaisées, Gabriel Matzneff, toujours prompt à s'enflammer telle l'étoupe, s'ennuie. Cette vie calme ne correspond pas à l'idée qu'il se fait du bonheur. Certes, après l'avoir longtemps ostracisé à cause de ses moeurs réputées peu orthodoxes, la société lui décerne en 2013 le prix Renaudot pour un essai ; en 2015, le prix Cazes pour son neuvième et dernier roman ; mais ces tardifs lauriers, même s'ils lui font plaisir, ne sont pas des remèdes à la mélancolie.
Son désir d'ivresse réclame une liqueur bien plus forte. Le 17 février 2014, dans une ville de province, une lycéenne fait irruption dans sa vie. L'année suivante, quand elle arrive à Paris, s'inscrit à la fac, ils deviennent amants. Elle a dix-neuf ans, lui soixante-dix-neuf. C'est la jeune Moabite du Booz de Victor Hugo. Leurs amours ne dureront que quelques mois, mais elles rendent à Gabriel Matzneff allégresse, confiance en son pouvoir de séduction, goût de son destin.
Ce sont des années où, pris dans un mouvement incessant, il voyage beaucoup, surtout en Italie : Bordighera, Rome, Zagarolo, Trieste, Venise, Naples, escorté par ses éternels compagnons de route : Horace, Galiani, Casanova, Schopenhauer, Byron. De l'aventure, des réflexions politiques, une somme d'observations sur les jeunes filles, un goût très sûr pour la langue française, un christianisme solaire vécu comme l'héritage d'Apollon et de Dionysos, le dandysme élevé au rang de philosophie : pour Gabriel Matzneff, le journal intime, c'est la vie à bout portant.

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Site Gabriel Matzneff - V. 2009 •
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